Quelques Travaux - Publications

 

Aux extraits de travaux qui suivent, succède la publication in extenso du prof. Crussard et coll. publiés dans "Mémoires scientifiques" en 1978 et 1984. Suivis d'une note de l'académie des sciences. Pour lecteur averti.

 

 

Quelques Travaux et Expérimentations

Les extraits de publications ci-dessous donnent un aperçu de la diversité et du nombre d'expériences qui ont été effectuées en France et à l'Étranger concernant les effets PK que j'ai produis.

Si vous cliquez sur le bouton "recherche" j'expose un résumé succint de ma théorie concernant le phénomène PK

 

Les quelques extraits d’expériences me concernant, décrites ci-après ont toutes fait l’objet de publications ou d’attestations. Elles ont été menées avec une rigueur et dans un contexte protocolaire ne souffrant pas la critique. De plus les scientifiques se sont souvent adjoints la présence d’illusionnistes experts pour les conseiller et ce, non seulement dans l’établissement du déroulement expérimental mais également pour être présents lors des démonstrations du sujet ; en l’occurrence moi-même

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Une caution prestigieuse

“ Je peux assurer que ces expériences ont été menées avec la plus grande rigueur scientifique qui soit […] J’ai eu personnellement l’occasion de participer aux expériences de Jean-Pierre Girard […] j’ai été très troublé devant par ces phénomènes inexplicables en l’état de nos connaissances […] jusqu’à preuve du contraire, il n’a pas été possible de donner une explication rationnelle des transformations observées et décrites […] j’ai accepté pour ma part d’ajouter ces quelques lignes, ayant eu l’occasion de suivre de très près ces expériences, simplement pour donner ma caution sur la rigueur scientifique avec laquelle elles ont été conduites par les auteurs. ”

Jean-Jacques Trillat

Président de l’Académie des Sciences

Publié in :  “ Mémoires Scientifiques ” n°2 / 75 ème / page 130 à propos des travaux de C.Crussard, G. Jollant, R. Rauch. CTAL. Paris

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Premières expériences scientifiques

 

Prof. W.Z. Wolkowski. Dr ès Sciences physiques. Dr M. Troublé physicien nucléaire. Raymond Villetange. Ing. Chimiste. C. Bogdanski, biophysicien. R.D. Mattuck, physicien quantique.

W.Z. Wolkowski :

 

 

 

Le professeur Zbigniew William Wolskowski initialisa les premières

véritables observations scientifiques avec J-P. Girard

 

 

“ Ces observations (ndla : déformations de barreaux par PK) m’encouragèrent à présenter à Girard quatre tubes de verre (Pyrex®) complètement scellés au chalumeau, mesurés avec une précision de 0,01 mm et pesés avec une précision de 10 -4 g. Cestubes contenaient respectivement un clou de Ø 3mm, une spatule métallique chromée, des attaches de trombones métalliques et un ressort d’acier de Ø 4 mm et 10 cm de long […] on pouvait observer les résultats suivants : le clou était courbé en son milieu à un angle de 10° […] la spatule métallique pliée au tiers de sa longueur […] le ressort métallique était remarquablement distendu sur un anneau et plié à cet endroit à 40°, ne pouvant même plus se déplacer librement dans le tube […] les attaches de trombones par contre n’étaient pas déformées […] ces observations et les autres données de ce dossier constituent un apport suffisant à l’hypothèse d’une manifestation paranormale.

 

 

 

Wolkowki et ses collègues purent observer des lévitations d'objet. Girard reproduisit ce type de

phénomène dans d'autres laboratoires, notamment (photo ci-dessus) à Utrecht en 1997.

 

Nous répétâmes ces démonstrations avec Girard en présence d’autres observateurs : John Taylor (mathématicien au King’s College à l’université de Londres), Richard Dick Mattuck (physicien à l’institut Ørsted de Copenhague), Georges Wikmann (physicien à l’université Gothembourg), Casimir Bogdanski (biophysicien à Paris). […] le magnétoscope a également filmé l’effet produit par Girard sur des plaques de cristaux liquides de cholestéryl à près de 2 mètres de distance par seule concentration du regard il fit apparaître une tache claire d’environ 2 cm de diamètre ; cette dernière disparaissant instantanément dès qu’il détournait le regard […] on vérifia sur Girard l’absence de fils très fins. Les bras croisés sur la poitrine et après quelques minutes de concentration, provoqua le déplacement d’un stylo de plusieurs centimètres […] dans les dernières minutes de l’expérience Girard déclencha un effet anti-gravitionnel, produisant un flottement de deux stylos, quelques centimètres au-dessus de la surface du papier. A propos de l’opinion selon laquelle les illusionnistes sont compétents pour juger de l’authenticité des phénomènes décrits dans le présent article, je note que André Sanlaville, Maître magicien et organisateur du Festival de la Magie à l’Olympia ; ainsi que d’autres illusionnistes consultés ayant observé Girard pendant ses démonstrations, confirment que celles-ci n’ont pas de relation avec leur Art.

 

Wolkowski fut le premier à proposer à Girard d'exercer ses

facultés Psi à travers des tubes de verre scellés.

 

Commentaire : Le professeur Wolkowski a été parmi les premiers scientifiques à initialiser des observations parfaitement contrôlées de phénomènes psychokinétiques. La variété des effets psi observés est également intéressante : déformations dans des tubes de verre scellés, télékinésies, effets anti-gravitationnels d’objets non magnétiques, élévation à distance de la température de plaques cristaux liquides (et d’autres phénomènes non relatés ici). Il faut savoir que dans ses observations comme dans celles effectuées par ses confrères, le sujet apprend au tout dernier moment la nature et les modalités des expériences. Ce dernier n’est jamais le “ maître ” du protocole. Il n’est pas informé au préalable de ce que l’on va lui demander d’effectuer Le matériel expérimental est toujours fourni par les laboratoires avec – par exemple - des marques repères sur les barreaux pour s’assurer qu’il n’y aura aucune possibilité de substitution. Selon le type d’expérience, une fouille est pratiquée, voire dans certains cas, changement complet de vêtements. De plus, comme il a été dit en supra, dans la majorité des expériences publiées, la présence de magiciens experts était requise.

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30 tonnes ? 800°C ? Emetteur à ultrasons ? .... Non “ simplement ” un effet PK !

 

Professeur Richard Dick Mattuck et coll. Physicien institut Ørsted. Copenhague. Expériences effectuées au département de physique du laboratoire Chalmers Technical University de Göteborg, avec la participation du Physicien G. Wikmann, du Dr Mogens Levinsen, J. Fjellander (Stockholm Research Center for Psychobiophysics) et coll.

Richard Dick Mattuck :

“ Avec la participation du “ sensitif ” Jean-Pierre Girard nous avons effectué une expérience de psychokinèse sur une barre d’aluminium à laquelle était collées deux jauges extensométriques (de contraintes). La barre mesurait 25 cm x 2 cm x 0,5 cm […] nous pensons avoir suffisamment de données pour prouver l’évidence d’un phénomène inattendu, à savoir, un allongement paranormal (0,1 cm) de la barre au point de flexion. Ceci exigerait “ normalement ” une force d’au moins 20 tonnes pour le reproduire mécaniquement, une température > à 800° Celsius pour le reproduire thermiquement, ou une grande machine à ultrasons pour le reproduire acoustiquement. Puisque Jean-Pierre Girard était observé sans arrêt par deux caméras vidéo et par plusieurs témoins, nous sommes persuadés qu’il n’a pu se servir de ces techniques . Nous sommes donc incapables de trouver un moyen physique connu à l’aide duquel Jean-Pierre Girard aurait pu allonger la barre d’alliage d’aluminium et notre conclusion est donc de constater que l’allongement et la flexion constatés ont dû être provoqués par un effet psychokinétique de Jean-Pierre Girard. ”

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PK improvisée mais… convaincante!

Albert Ducrocq . Polytechnicien . Chroniqueur scientifique à Europe n°1. Dr Chérrier. Prof. Z.B. Wolkowski.

Albert Ducrocq :

“  Nous invitons à dîner Jean-Pierre Girard au restaurant chez Edgar rue Marbeuf, près des studios d’Europe n°1. Le Dr Chérrier avait apporté, sans que Girard ne soit prévenu, une éprouvette de verre scellée à l’intérieur de laquelle il avait disposé deux échantillons métalliques, respectivement une plaque de cuivre longue de 7 cm et large de 5 mm et une plaque de zinc de mêmes dimensions, ces métaux ayant fait l’objet d’une préparation électrolytique spéciale servant à préserver leur identification. A brûle-pourpoint, à la fin du repas, le Dr Chérrier sort de la poche interne de sa veste l’éprouvette et demande à Jean-Pierre Girard si il est capable de tordre les échantillons de métaux ; une ouverture de l’éprouvette, étant répétons-le, impossible. Sans dire un mot, J-P.G. prend alors l’éprouvette dans sa main droite , il la referme sur elle (les extrémités étant toujours bien visibles) et la maintient immobile une quinzaine de secondes, puis il l’ouvre. Nous constatons alors que, dans l’éprouvette, l’échantillon de zinc est courbé avec un angle de quelques 20° (courbure limitée par la paroi de verre !). L’échantillon de cuivre quant à lui est demeuré intact. […] Une semaine après nous avons demandé à un illusionniste connu pour être un détracteur de tout ce qui touche à la parapsychologie, ce qu’il pensait de cette expérience. Nous avons eu droit aux arguments habituels : Girard n’est qu’un illusionniste […] il a effectué un change à votre insu […] il a ouvert subrepticement l’éprouvette, a tordu l’échantillon et a rebouché l’éprouvette. Aucun des arguments ne pouvant être retenu comme valable, nous avons demandé au magicien de refaire l’expérience de Girard avec une éprouvette identique en lui signalant qu’il avait un avantage : c’est que lui connaissait – contrairement à Girard – la nature de l’expérience ! Nous avons essuyé un refus catégorique, ce qui nous a confortés dans la validité de notre protocole et du phénomène observé.

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Quand l’observateur devient sujet Psi !

Prof. Georges Wikmann, physicien. Institute Ørsted Göteborg, Scott Hill biophysicien Swedish Herbal Institut. Bellmangstaten. Sweden.

Georges Wikmann :

“ Une des expériences des plus surprenantes, à été celle où Jean-Pierre Girard à modifié à distance (environ 2 mètres) , dans ma main, la forme d’une vis de métal d’un diamètre de 2,5 cm et d’une longueur de 7,2 cm qui était introduite – après vérification de sa rectitude - par nos soins dans un tube de plastique que nous avions soigneusement bouché. A aucun moment JPG n’a été en contact avec le tube et son contenu. Lorsque Jean-Pierre a “ senti ” qu’il produisait la déformation, il nous a prévenu et quelques secondes après, j’ai senti une secousse à l’intérieur du tube. Lorsque j’ai ouvert ma main, j’ai pu remarquer, ainsi que les autres personnes présentes, que la vis était fortement pliée formant un angle de 30°. ”

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Quand la psychokinèse défie la physique…et les physiciens !

Prof. C.Crussard. Directeur des Recherches de PUK. Physicien Métallurgiste. Médaille de Loeben. Membre de l’Académie Nationale d’Engineering des USA. Président de la Sté Française de Métallurgie et Coll. In “ La Recherche ” n° 83 p.2002, n°86 p. 189. Mémoires et études Scientifiques 75 ème année n° 2 pp. 117 à 130 et 1984 pp. 81 à 91. Revue de l’Ecole Polytechnique. “ La Jaune et la Rouge ” n° 342 pp. 13 à 23.

Professeur Crussard :

“ Mes collaborateurs et moi avons suivi une méthode progressive, en pratiquant un protocole de plus en plus élaboré du point de vue scientifique. Partant de simples essais de flexion sur des barres métalliques nues, puis en tube de verre, puis munies de jauges extensométriques collées à des enregistreurs variés. Nous sommes arrivés ainsi, à mettre en évidence les changements et modifications de structures introduits par Jean-Pierre Girard au cœur même des barreaux introduits dans des tubes de verre bouchés. Nous avions au préalable parfaitement numérotées les barres par gravure dans la masse et de plus elles étaient repérées par des “ défauts ” microscopiques. Toute substitution de barre devenant ainsi impossible.[…] Ces modifications sont les suivantes :

Nous n’avons pu reproduire, par aucun moyen à notre disposition la texture des barres d’alliage modifiées par Jean-Pierre Girard. Ce seul point, établit la nature “ paranormale ” des effets produits par JPG […] Signalons de plus que ces essais font prévoir des “ retombées ” possibles sur la recherche métallurgique. […] Pour ce qui nous concerne, Jean-Pierre Girard a été examiné par sept illusionnistes qui n’ont trouvé aucune explication ayant un rapport avec leur Art. Ils ont tous reconnu que si eux-mêmes se trouvaient placés dans les mêmes conditions opératoires que Girard, il leur serait impossible de produire quoique ce soit assimilable à un “ truc ” de magicien. […] Girard a toujours accepté sans réticence la présence d’un ou plusieurs illusionnistes ainsi que les fouilles poussées que ces derniers pratiquaient pour s’assurer de l’absence d’éléments propres à truquer les expériences. […] Seul l’illusionniste américain James Randi, critiqua sans beaucoup de discernement la totalité des expériences et conclu : “ Jean-Pierre Girard n’est qu’un illusionniste, rien de plus ! ”. A cette affirmation nous lui avons demandé des commentaires sur les “ trucs ” qu’utiliserait Girard et de nous en apporter la preuve. M. Randi n’a jamais pu nous donner le moindre élément confortant ses affirmations de même qu’il a refusé de reproduire – placé dans les mêmes conditions que Girard – les phénomènes qu’il prétend être de l’illusionnisme. […].Malgré l’appel que nous avions lancé, lors de notre 1 ère publication en sollicitant ceux qui trouveraient des solutions à l’aide de la physique ou dans des truquages possibles, nous n’avons eu à ce jour aucune réponse. ”

Commentaire : On l’aura compris tout l’intérêt des expériences menées sous la direction du Prof. Crussard et du Prof. Hasted en Angleterre, est d’avoir pu mettre en exergue des phénomènes de psychokinèse, non reproductibles par la physique actuelle ou par des artifices frauduleux ! D’autre part, le nombre impressionnant de phénomènes observés lors des séances expérimentales, fait taire l’argument des détracteurs qui prétendent que le effets PK ne sont pas reproductibles.

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Action PK sur le Vivant

Prof. Selter et Coll. Laboratoire de biologie et d’histopathologie. Fribourg (RFA).

“ Nous avons déposé deux tubes à essais en verre posés sur la paillasse de notre laboratoire ainsi qu’un tube témoin dans une pièce contiguë […] Jean-Pierre Girard était assis, devant les tubes, à près de deux mètres de distance. Chaque tube contenait des bactéries Gram- Escherichia Coli dans un milieu approprié liquide et transparent où elles pouvaient maintenir leur concentration (N/mm 3). Le but de l’expérience était de vérifier si le sujet pouvait influencer à distance des micro-organismes vivants […] cette expérience nous avait été suggérée par le Prof. Hans Bender de l’Institut für Grenzgebiete der Psychologie und Hygiène Mentale de Frieburg in Brisgau, qui a plusieurs reprises eut l’occasion d’observer les effets “ particuliers ” produits par Girard […] 58 minutes s’écoulèrent avant que Girard nous prévienne avoir produit un “ effet ” sur l’éprouvette de gauche […] nous prîmes alors le tube désigné.[…] les divers examens approfondis que nous fîmes, nous permirent de révéler que Girard avait réalisé une action de bactériolyse très particulière. Cet effet bactéricide pour le moins surprenant et non comparable à un antibiotique a atteint toute la population d’Escherichia Coli. […] les conditions expérimentales dans lesquelles nous avions placé Jean-Pierre Girard ainsi que l’observation permanente par la vidéo de contrôle, nous permettent d’affirmer qu’à aucun moment le sujet n’a pu être en contact physique avec les tubes à essais. […] Ces premiers résultats nous encouragent à poursuivre nos observations avec M. Girard. ”

Commentaire : Les interactions entre sujet Psi et micro-organismes vivants permettront peut être de mieux comprendre les mécanismes qui procèdent à l’action des “ guérisseurs ”.

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PK sur générateur aléatoire

Professeur Yves Lignon. UER Mathématiques. Université Toulouse-le-Mirail. Dans le cadre du Groupe d’Etudes Expérimentales des Phénomènes Paranormaux.

But de l’expérience : Modifier le hasard (l’aléatoire ) sur des systèmes et ou appareils générateurs de “ hasard ”. Le sujet doit, par son action Psi, faire en sorte que le hasard après des analyses statistiques très poussées, ne puisse plus être une hypothèse raisonnable à l’examen des scores obtenus. Moyens : un “ dé ” électronique affichant numériquement des chiffres au hasard. Ce dé est conçu pour être insensible aux champs magnétiques, à l’immersion, à des températures extrêmes. Une calculatrice Texas Instrument™ SR51A pour effectuer le “ tirage ” aléatoire d’un chiffre. Pour l’expérience choisie en exemple, c’est le 2 que la calculatrice a affiché.

Validation de l’action du sujet sur la distribution aléatoire du dé : Sur des séries de 50 impulsions aléatoires le sujet a fait afficher sur la face du dé 8 fois le chiffre choisi (le 2) et 3 séries de deux à la suite. L’épreuve du X 2 ainsi que celle de Kolmogorov-Smirnov confirment qu’il est crédible de ne pas associer ces résultats au seul hasard . Les comptes-rendus précisent qu’à aucun moment le sujet ne touche à un des appareils et qu’aucun artefact propre à modifier la certitude d’un effet psi, n’a pu être suggéré ou établi. Conclusion du Prof. Y. Lignon : « A défaut d’une preuve que la statistique n’a pas les moyens de fournir, les résultats positifs de ce test nous semblent constituer un argument sérieux en faveur de l’existence d’une faculté PK chez Jean-pierre Girard ».

Commentaire : Où l’on prend acte de la diversité de la psychokinèse ; en effet ici il s’agit d’action sur des appareils électroniques. L’intérêt est de confirmer que l’effet PK est en réalité sans limites. Les seules ( ?) limites à la production d’un phénomène étant vraisemblablement liées à celles que le sujet se fixe.

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« Fusion » à 660°C d’un barreau d’alliage dans un tube de verre.

Extraits de la séance « exceptionnelle » qui s’est déroulée au C.T..A.L (Centre Technique de l’Aluminium) boulevard Grenelle à Paris.

But de la soirée expérimentale :

Le Prof. C. Crussard et ses collaborateurs avaient invité des savants , un journaliste scientifique, un expert illusionniste et diverses personnalités afin de leur présenter les travaux, études et observations concernant « mes » phénomènes » Psi. Succédait à cette présentation une tentative (ou plusieurs) expérimentale dont je ne connaissais pas la nature.

Principales personnalités présentes :

M. le Professeur J.J. Trillat, président de l’Académie des Sciences.

M. Leprince-Ringuet, de l’Académie des Sciences

M. A. Kastler. Prix Nobel de Physique

 

Effet d'adoucissement ("amollissement") au coeur d'une plaque d'alliage, correspondant à une température de 660°C.
Les fils fusibles de plomb qui entourent la plaque sont destinés à vérifier qu'il n'y a pas eu d'effet thermique "normal".

 

M. le Prof. Philibert. Directeur de recherches au CNRS.

M. Rauch. Chef du laboratoire CTAL

François de Closets, journaliste scientifique

M. Duteil. Psychologue et Journaliste.

Mme A. Bois, journaliste

Soirée expérimentale devant un public prestigieux :

François de Closets, journaliste scientifique. Louis Leprince-Ringuet (académie des Sciences).

Ranky expert illusionniste. Jean-Jacques Trillat, président de l'académie des Sciences.

Maître Georges Kiejmann, avocat, ex Garde des Sceaux, etc..

 

Me Georges Kiejmann, avocat, ex Garde des Sceaux.

Me F. Ranky. Expert illusionniste. Président du CIEPP.

Ndla : Je ne reprendrai ici que les éléments concernant l’expérience que je fis au cours de cette soirée en laissant place au compte-rendu de l’expert illusionniste.

Extraits de l’expertise de Me Ranky :

Tentative expérimentale de M. Jean-Pierre Girard

Le protocole expérimental – agréé par notre comité – est identique aux documents filmés qui nous ont été présentés. J’ai retenu une impression de clarté :

Première expérience tentée par J-P. Girard

M. Crussard remet à J.-P. G, au dernier moment, un tube de verre scellé que j’avais examiné attentivement auparavant. A l’intérieur, une barre d’alliage « emmaillotée » de fils fusible de plomb, très fins. La barre a été numérotée (gravée au poinçon dans la masse). Aucun trucage n’apparaît possible dans ces conditions. C’est aussi l’avis des personnes présentes à qui j’ai posé la question. Le tube de verre est déposé par M. Crussard sur la table devant JPG. Celui-ci « opère » en tenant ses mains à quelques centimètres au-dessus du tube en faisant des « passes » semi-circulaires. Après une trentaine de minutes, Girard annonce qu’il « sent » que le phénomène va se produire ; il nous dit : « Je pense avoir induit un effet de chaleur important à l’intérieur du barreau ». Il indique du doigt le niveau de son action sur la barre.

Le tube de verre est déposé par M. Girard sur la table, pour être repris ensuite par M. Crussard. Une légère torsion est signalée, ainsi qu’un pliage dont il est difficile de percevoir – à cause du verre – la réelle importance. Ce qui est le plus important est l’examen des fils fusibles de plomb : ils sont intacts, même à l’endroit désigné par Girard. Donc aucune chaleur « classique » n’a pu être produite par JPG pour concrétiser l’effet qu’il a prétendu réaliser. La barre d’alliage ne sera sortie du tube de verre qu’en laboratoire pour un examen approfondi.

Si après expertise dans le centre de recherche sur la physique des solides, il s’avère qu’un effet de chaleur à l’intérieur du métal est constaté, alors que les fils fusibles de plomb sont restés intacts ; j’atteste que l’expérience dans les conditions édictées ci-dessus, ne permet aucune place à la fraude ou alors on serait amené à mettre en doute la probité même des scientifiques, ce dont évidemment il ne saurait être question ici !

Seconde expérience tentée par M. Girard

La barre plate – en alliage d’astronautique de très grande résistance mécanique –, remise à JPG, est reliée à des jauges extensométriques, elles-mêmes à un oscillographe (qui permet entres autres de témoigner de toutes éventuelles pressions musculaires qui seraient faites – consciemment ou non – par JPG).

Après un temps assez long, Girard arrête cette seconde expérience, visiblement très fatigué. Aucun enregistrement significatif sur l’oscillographe. La barre est cependant très légèrement vrillée, à la limite du significatif. Girard se proposait au départ de cette seconde expérience de reproduire l’expérience qu’il fit à Göteborg (allongement d’une barre). Peut-être que l’examen approfondi en labo témoignera d’un effet produit par Girard ?

Conclusion

Bien sûr, j’attends avec impatience les résultats du laboratoire, mais ce que je peux assurer, en ma qualité d’expert magicien, c’est que je ne vois pas quels trucs pourrait utiliser JPG pour frauder avec le protocole qui lui est imposé.

Faisant suite à cette séance, comme prévu une quinzaine de jours après je reçois le compte-rendu des expertises par les laboratoires (un des deux laboratoires n’étant pas informé de la « nature » de l’expérience et surtout des « effets » susceptibles d’être produits sur les barreaux).

L’expertise en laboratoire confirme un effet pseudothermique de 660°C

Extraits de la lettre / compte-rendu de M. le Prof. Crussard adressée à M. Ranky.

[…] Le but d’un des essais auxquels vous avez assisté était – pour Jean-Pierre Girard – de produire un adoucissement (Ndla : ce terme signifie que l’alliage verra sa « dureté » diminuer. Il devient plus « mou ».) local d’un barreau d’alliage durci par traitement thermique, effet que Jean-Pierre Girard pensait pouvoir produire suite à quelques observations antérieures. Sur ce point, les conditions de l’essai et le risque d’erreur de 1% (signalé dans le rapport scientifique) ne me permettent pas de conclure avec une certitude absolue, à un effet de psychokinèse (pliage significatif). En revanche, un effet très net a été observé sur le fil fusible qui avait été enroulé autour de l’éprouvette à un double effet :

Depuis cette séance Girard a pu reproduire des effets comparables au Centre de recherche de Voreppe et chez un confrère physicien métallurgiste à Lyon […] Tous ces faits confirment bien que lors de la séance à laquelle vous avez assisté, il y a bien eu un « effet » pseudothermique « paranormal » produit par J.-P. Girard.

Commentaire de l’auteur : Où l’on constate qu’un coopération magiciens / scientifiques et sujets psi peut être très utile à l’avancement de la recherche parapsychologique.

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Contrairement à une idée reçue, les protocoles expérimentaux sont établis de telle sorte qu'aucune fraude ne peut s'immiscer.

Aucun magicien au Monde n'a accepté de venir démontrer le contraire!

 

 

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Phénomène de psychokinèse sur ressorts A.M.F.

Extraits de l’expertise effectuée par le CIEPP le 27 mai 1994

F. Ranky, président du CIEPP, expert magicien spécialiste des phénomènes paranormaux truqués.

C. Stavisky, illusionniste, membre du CIEPP

Geraldy, illusionniste, membre du comité.

M. Pique, photographe

N. Maillard, journaliste

Public restreint.

Préliminaire  : Nous avions appris que Jean-Pierre Girard avait effectué en divers laboratoires des expériences de psychokinèse sur des matériaux dits à « mémoire de forme » : A.M.F. Nous avions d’ailleurs visionné une de ses expériences PK sur du Nitinol® qu’il avait effectué dans le cadre de l’université d’Utrecht sous la direction du professeur L. Gerding et ses collègues. Expériences filmées et produites par la société hollandaise Veronica dans le cadre de la série « Parallax » en février 1988.

Pour les illusionnistes : un test sans appel !

A cette occasion Girard aurait modifié la mémoire de forme d'un alliage appelé Nitinol™ (en France : Memometal™). Nous nous sommes documentés plus avant sur ce matériau et avons pris contact avec l'un des deux laboratoires dans le monde qui fabriquent sur commande ce type d'alliage, l'un en France et le second aux Etats-Unis. Ce qui nous a d'abord séduits, nous Comité d'expertise, dans ce type de produit, c'est l'impossibilité pour le sujet d'immiscer des gestes « frauduleux ». En effet, à température ambiante, cet alliage se déforme aisément et ce sans déployer un très grand effort. On peut ainsi lui donner les formes que l'on souhaite mais, et ceci est fondamental, il revient toujours à sa forme initiale s'il est soumis à une température élevée, soit à la flamme, soit à l'eau quasi bouillante. En fait, il revient à la forme initiale qu’on lui a donné en laboratoire (ici une centaine de degrés). Les propriétés très particulières de ce métal nous ont incités à proposer à Girard une expérience parfaitement rigoureuse et contrôlée par notre Comité. De plus, il est à noter que nous avons choisi la forme ressort, parmi d'autres formes, ce qui ajoute à la « netteté » expérimentale.

Un lot unique de ressorts AMF pour l’expérience

Il a été convenu avec le laboratoire spécialisé, la fabrication d'un lot unique référencé 343/157, de cinq ressorts en alliage à mémoire de forme dont les spécificités ont été parfaitement définies : dosage spécial nickel/titane. Diamètre du fil 1,3 millimètre. Diamètre intérieur du ressort 10 millimètres. Longueur 10 centimètres, spires jointives. Reprise de forme (mémoire initiale lente à partir de 70 °C, normale à plus de 85 °C. Déformable à température ambiante). Ces caractéristiques sont reprises à partir du bordereau d'expédition joint à la facture. Réf. : 94 0678 BP, lot 343/157 du 25 mai 1994. La facture adressée au comité s'élevait à 2 372,00 francs TTC. Girard, bien que n'ayant aucune connaissance du type d'expérimentation qu'on lui proposait, a accepté bien volontiers. L'expérience a pu se dérouler le 27 mai 1994 de 13 h 40 à 14 h 45.

Compte rendu

Protocole : A proximité de la table d'expériences, seuls étaient présents Girard et Ranky. Claude Stavisky, à quelques mètres de là, observait en permanence. Géraldy, assis face à nous au premier rang des spectateurs, pouvait observer globalement ou en détail. Ranky dispose tout le matériel expérimental sur la table : - un camping gaz à un feu ; - deux récipients transparents ; - quatre sachets plastique transparents contenant chacun un ressort d'alliage dit « à mémoire de forme », tous issus d'un même lot : 343/157 ; Girard se tient debout à gauche de Ranky, en chemise, les manches nettement relevées. Déroulement de l'expérience : Ranky explique à Girard et au public le but de l'expérience. Girard semble très surpris, voire décontenancé par cette proposition d'expérimentation qu'il découvre en même temps que le public, peut-être s’attendait-il a ce qu’on lui propose de déplacer des objets à distance ou encore plier des barreaux métalliques. Ranky extrait les ressorts des sachets et les repose sur l'extérieur desdits sachets. - un ressort ne sera pas utilisé et sera considéré comme témoin ; - un ressort est montré par Ranky au public et à Girard. Ce ressort présente, à une de ses extrémités, une déformation de plusieurs spires. Ranky explique qu'il a volontairement modifié la mémoire initiale de ce matériau avec une lampe à souder, afin de vérifier la validité des caractéristiques et spécifications communiquées par le laboratoire ; - deux ressorts disponibles pour l'expérimentation avec Girard.

 

Les experts magiciens, Géraldy et Ranky examinent le ressort

en AMF qui a "subit" l'effet Psi de Girard

 

Après avoir rempli d'eau les deux récipients, Ranky dépose l'un d'eux sur le camping-gaz où l'eau est amenée à température voisine de l'ébullition. L'eau contenue dans l'autre récipient reste froide. Ranky prend alors le ressort ayant déjà eu son extrémité modifiée comme indiqué plus haut, et le tire jusqu'à tripler sa longueur, le déforme sans tous les sens sans aucune «précaution », le plie. En fait, Ranky veut démontrer sans équivoque que l'on peut facilement déformer ce matériau et lui imprimer toutes les formes que l'on souhaite. Ranky montre bien que le ressort reste dans les formes qu'on lui a imposées. Dès que Ranky plonge ledit ressort dans l'eau frémissante il reprend complètement sa forme du départ. Bien évidemment, l'extrémité dont la mémoire avait été modifiée à la lampe à souder reste déformée. Ensuite, et c'est une opération indispensable, le ressort est plongé dans l'eau froide. Cette expérience peut ainsi être reproduite indéfiniment, le ressort reprend toujours sa forme de mémoire d'origine. Ranky prend alors l'un des ressorts destinés à l'expérience et refait pour contrôle les mêmes opérations que ci-dessus, pour, là aussi, bien démontrer les caractéristiques du ressort qui va être confié à Girard.

Girard prend le ressort que lui tend Ranky. Girard étire le ressort et, ce qui nous surprend, le manipule peu par rapport à la démonstration que nous avons effectuée. Girard tient dans sa main droite légèrement fermée, le ressort dont on voit en permanence les extrémités dépasser de chaque côté. Ranky procède à une première immersion dans l'eau chaude afin de vérifier si un « effet » a été produit par Girard. Rien de visible n'est constatable : le ressort soumis à l'eau bouillante revient strictement à sa forme initiale lorsqu'il a été remis à Girard. Après immersion dans l'eau froide, Ranky tend de nouveau le ressort à Girard. Après une dizaine de minutes, Girard nous signale avoir « senti » quelque chose et pense qu'il a produit un « effet » sur le ressort. Ranky reprend le ressort pour vérification et le plonge dans l'eau chaude, et là, force est de constater qu'il y a bien modification significative de la forme initiale du ressort : les spires ont augmenté de diamètre et un léger angle de flexion est visible. Ranky opère les manipulations déjà décrites plus haut et remet le même ressort à Girard. Après un temps plus court, Girard redonne le ressort à Ranky.

Et, stupeur des experts : le ressort reste plié !

Là, il est constaté après immersion dans l'eau chaude une déformation nettement plus importante : angle de flexion très prononcé et spires très déformées. Les photos jointes au compte rendu du laboratoire montrent les modifications produites par Girard. Ranky remet le ressort en question dans son sachet plastique et présente à Girard le deuxième ressort après avoir effectué sur celui-ci les opérations de contrôles déjà décrites. Après une quinzaine de minutes, Girard remet le ressort à Ranky qui constate après l'avoir plongé dans l'eau chaude une déformation visible très significative. Après remise des ressorts dans les sachets par Ranky, la fin de l'expérimentation est décidée. Ranky conclut en précisant que ces ressorts vont être immédiatement envoyés au laboratoire métallurgique spécialisé afin de confirmer ou d'infirmer s'il y a bien eu modification de la mémoire de forme initiale faite par ledit laboratoire sur cet alliage. Ce qui importe, dans ce type d'expérience, pour les trois membres du Comité d'expertise qui ont contrôlé Girard, c'est sa « netteté ». En effet nous savions que Girard ne pouvait disposer sur lui d'une source de chaleur suffisante (supérieure à 80 °C) et plus précisément dans sa main ! De plus, ses mains ont pu être constamment observées étant toujours bien en vue des observateurs : public, journaliste, comité.

Conclusion : La conclusion du Comité illusionniste des phénomènes paranormaux est sans ambiguïté. La nature des « phénomènes » produits par Jean-Pierre Girard dans le cadre du protocole que nous avons mis en œuvre ne permet pas l'introduction des techniques illusionnistes connues et nous terminerons par cette phrase que nous avions publiée dans la revue scientifique La Recherche (n° 86, vol. 9, 188) :

« La poursuite de l’investigation de ces phénomènes doit être faite par la communauté scientifique. »

F.Ranky, Président du CIEPP

Pièces du dossier d’expertise :

Compte rendu du laboratoire M……L

Référence 940730 BP 02 juin 1994

Monsieur,

Nous avons expertisé, après votre expérience, deux ressorts en nickel-titane que nous vous avions fournis, issus du lot 343 et spécialement fabriqués à votre demande. Après chauffage à l’air chaud à > 100°C, il est apparu qu’il reste une déformation sur trois spires et ce, vers le milieu des deux ressorts. Au niveau de ladite déformation, le Ø extérieur du ressort est de 14,2 mm à 15,7 mm (il n’est plus titalement circulaire), au lieu de 12,6 à 12,7 mm sur la partie non déformée. Les spires sont également plus espacées (espace d’environ 2 mm, au lieu de 0,5 mm dans la partie non déformée). Un examen complémentaire par mesure DSC (Differential Scanning Calorimetry) a été réalisé sur un des deux ressorts, dans la partie déformée et dans la partie non déformée. Les courbes sont jointes : les températures du changement de forme ne sont pas affectées par la déformation.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos salutations les meilleures.

Commentaires de l’auteur : D’autres expériences sur des A.M.F. ont donné des résultats similaires. On est bien loin de l’explication donnée par le physicicien « zététicien » qui prétend que le secret des prétendus sujets Psi est l’utilisation d’un simple fil de Nitinol™ d’un Ø 2 mm qu’ils mettent à chauffer sous une ampoule électrique ! Les scientifiques et ou les illusionnistes sont beaucoup plus exigeants et rationnels dans leur démarche d’expérimentateurs. Ils ne se contentent pas d’élucubrations critiques abstraites. Seuls les faits concrets les autorisent à exprimer une opinion crédible.

Notes :

L'effet PK obtenu est comparable à celui qui aurait été obtenu “ classiquement ” si l’on avait chauffé le barreau à 700°C à l’aide d’un chalumeau, pendant plusieurs minutes, sauf qu’ici nous n’avions pas de modifications des états de surface ! Rappelons que lesdits barreaux étaient enfermés dans des éprouvettes de verre.

Le terme de transformation martensitique décrit la transformation de l’austénite desaciers (alliage fer-carbone) en martensite lors d’une trempe. Par extension, ce terme a été généralisépour un grand nombre d’alliages dont les transformations de phase possèdent certainescaractéristiques typiques de la transformation des aciers.Guenin (1986) en donne la définition suivante : « C’est une transformation structurale displacive dupremier ordre présentant une déformation du réseau cristallographique homogène, principalementconstituée par un cisaillement ».Etat austénitique : état structural haute température appelé austénite. L'austénite (de Austen, métallurgiste anglais) Constituant de l'acier n'existant de manière stable qu'à haute température. Ce constituant ne peut être obtenu à température normale que par une trempe très rapide après avoir été amené à la température d'austénisation. L'austénite est composée de fer cristallisé sous la forme cubique à faces centrées. Cette cristallisation donne un matériau plus dense et plus dur que la ferrite. teurs totalisent à eux seuls plusieurs centaines d’observations de PK…

D’autres laboratoires ont mis également en évidence la biopsychokinèse sur des cultures de tissus in vitro infestées de virus Coksackie A.13.

C.I.E.P.P. : Comité International d’Etude des Phénomènes Paranormaux.

Malgré cette apparente stabilité de la mémoire de forme, le ressort AMF ayant subit l’effet PK ne peut reprendre sa forme initiale contrairement aux lots témoins, ce qui est totalement… « anormal » !

 

 

Documents


Mémoires Scientifiques Revue Métallurgique - Février 1984

 

Recherches sur les déformations
Anormales des métaux

produits par Jean-Pierre Girard

 
Prof C. Crussard, G.Jollant

INTRODUCTION

 

Dans un article datant de près de cinq années (1), l'un de nous avait décrit diverses expériences de déformations et transformations structurales de métaux provoquées par J.P. Girard dans des conditions "anormales", c'est-à-dire sans intervention d'énergie sous forme classique musculaire ou autre. Malgré l'appel fait à la fin de cet article à tous les lecteurs aptes à critiquer ces expériences, personne n'a depuis proposé d'explication "normale", même par truquage.

Ceci nous encourage à publier d'autres expériences conduites dans la même série d'essais et qui, même si elles n'ont pas le caractère exceptionnellement démonstratif des précédentes, sont suffisamment significatives à condition d'en faire une critique approfondie. Il s'agit d'essais de déformations d'éprouvettes métalliques équipées de jauges extensométriques, avec enregistrement. Ces essais ont été conduits en 1976 au Centre Technique de l'Aluminium sous la direction du regretté J. Rauch et avec la participation de l'un de nous ou des deux. Il y a eu 6 séances, dont les circonstances sont décrites au tableau 1.

Date

Nombre d'assistants

Nombre d'éprouvettes

Déformées significativement

3 février

28 février

10 mars

25 mars

31 mars

12 mai

4 (dont C.C, J.R. et G.J.)

3 (dont J.R.)

8 (dont C.C., J.R. et G.J.)

7 (dont C.C., J.R. et G.J.)

3 (dont J.R. et G.J.)

4 (dont C.C., J.R. et G.J.)

2

13

8

11

12

5

Tableau 1.

 

Diverses personnalités scientifiques ont assisté à l'une ou l'autre des séances, dont les Professeurs J.J. Trillat, président de l'Académie des Sciences et J. Philibert, directeur de recherches au CNRS

 

METHODES EXPERIMENTALES

 

Précautions générales

Les trois premières séances, du 3 février au 10 mars, ont eu plutôt le caractère de prises de contact et de mise au point du protocole expérimental; J.P. Girard y a revêtu une blouse de laboratoire, par dessus sa chemise. Le 10 mars il a été filmé par une caméra vidéo, pour essayer cette méthode de contrôle, qui s'est révélée très efficace.

Il enlevait sa bague, qui n'était d'ailleurs pas "à crochets", ce qui est un truc connu. A partir du 25 mars, nous avons préféré que J.P. Girard retrousse simplement ses manches, comme sur la figure 7. Les éprouvettes, avec leurs fils de connexion reliés aux appareils dont nous allons parler, étaient posées sur le bureau. J.P. Girard venait s'asseoir derrière ce bureau (sauf pour une partie de la séance du 12 mai), et à partir de ce moment il était constamment filmé par une caméra vidéo sonorisée, située en face de lui; un miroir latéral permettait de voir sur la même image ses mains sous un angle différent. Deux observateurs le regardaient en permanence, et l'un notait au fur et à mesure les faits caractéristiques. Comme on constatait au début de la prise de vue du film que le signal des appareils enregistreurs était encore au zéro (déformation initiale nulle), nous étions sûr que l'éprouvette n'était pas affectée par une manipulation préalable.

 
Eprouvettes et appareils

Sauf dans la dernière séance, les éprouvettes étaient des lames en alliage léger ou en aluminium, de section rectangulaire (épaisseur 3 mm, parfois 4; largeur 15 mm; longueur 270 à 350 mm). Les deux jauges extensométriques étaient collées et alignées sur une face l'une après l'autre (sauf pour la séance du 3 février); il s'agissait de jauges à fils résistants, de longueur 30 à 60 mm, de façon à intégrer les déformations d'une portion importante de la surface de l'éprouvette.

Les jauges étaient collées selon la technique classique utilisée dans le laboratoire, qui s'est toujours révélée très solide et fiable (*); puis elles étaient revêtues de laque, ainsi que les connexions et fils, jusqu'à une extrémité de l'éprouvette. La figure 1 montre cette disposition.
 

(*) Il s'agit de jauges modèles PL60 et PL30 de la firme T.M.L., collées avec la colle M Bond 200. Ces jauges sont du type "à grande élongation", c'est-à-dire qu'elles suivent, de façon très sensiblement linéaire, la déformation du substrat jusqu'à des déformations de 4% environ. Les déformations que nous avons observées sont toujours restées inférieures à 1%, et comme il y a toujours eu un bon parallélisme entre les déformations superficielles calculables d'après la flèche et les déformations mesurées avec les jauges, nous n'avons aucune raison de soupçonner qu'il y ait eu glissement de nos jauges.

Figure 1. - Photographie d'une éprouvette avec ses jauges collées. Le revêtement de laque a été enlevé à l'endroit des jauges, pour rendre celles-ci visibles

Sauf dans l'essai du 3 février, les appareils de lecture, branchés sur les amplificateurs dynamiques reliés aux fils de l'éprouvette avant le début de l'essai, comprenaient en parallèle :
 
- un oscilloscope à mémoire
- un enregistreur à deux pistes avec crayons galvanométriques ultra-violet ("Ultralette") travaillant en général avec les sensibilités suivantes:

* en abscisse (temps): 1s = 8,75 mm
* en ordonnée (déformation) : 0,1% = 22 mm

J.P. Girard, tenant l'éprouvette entre les doigts de la main droite (jamais à pleine main), promenait la main gauche d'un mouvement alternatif près de la face libre (opposée aux jauges), parfois caressant légèrement cette face ou un chant latéral. Dans la séance du 12 mai, la main gauche ne touchait pas l'éprouvette; nous en reparlerons.
 
La prise de main droite de J.P. Girard ne peut produire aucun effet parasite sur les connexions électriques, capable de donner un signal sur l'enregistreur. Nous l'avons vérifié nous-mêmes en serrant et secouant d'une main l'éprouvette, de diverses façons. D'ailleurs, souvent, J.P. Girard retournait l'éprouvette bout pour bout, serrant de la main droite tantôt les zones de connexions recouvertes de laque, tantôt l'extrémité nue, sans que cela ne change rien à l'allure des signaux. Il n'y a donc pas de parasites électriques (accidentels ou non) produits par sa main droite.

 

RESULTATS DES EXPERIENCES

 
Séance du 3 février
 

Eprouvette: dimensions en mm 272 x 15 x 4.
Alliage: AU4G - T4 (limite d'élasticité 0,2% = 335 MPa R = 458 MPa).
 
C'est la seule séance où des jauges ont été collées des deux côtés de l'éprouvette. Il y avait trois jauges, deux d'un côté, une de l'autre aux emplacements suivants:

N°. de jauge

Face

Plage couverte par la jauge

1

2

3

Inférieure

Supérieure

inférieure

90 - 120 mm

125 - 185 mm

210 - 240 mm

Au début, les fils des jauges étaient connectés à un pont statistique digital à affichage électronique. J.-P. Girard voyait les chiffres lumineux du cadran. Il produisait des sauts correspondants à des déformations significatives, mais tantôt dans un sens et tantôt dans un autre de façon si erratique que nous changeons d'appareil : l'éprouvette est alors connectée à un pont dynamique. Mais celui-ci a des pannes d'enregistreur. On peut tout de même mesurer de façon précise, en statistique, les déformations résiduelles; elles sont indiquées au tableau II.

TABLEAU II:

Jauge N°.1

Jauge N°.2

Etat initial

1er essai

2ème essai

3ème essai

après 20h

après dissection

0

-380.10-6

+200.10-6

+780.10-6

+420.10-6

+1100.10-6

0

+240.10-6

+125.10-6

-75.10-6

-80.10-6

-200.10-6

1er essai : En frottant légèrement sur la face supérieure, J.-P. Girard obtient une flèche de 1,5 mm , concavité vers le bas.

2ème essai : Il reprend l'éprouvette et la frotte de nouveau légèrement ; elle se redresse et la flèche résultante est nulle.

3ème essai : Un de nous prend l'éprouvette pour mesurer les résiduelles, puis la débranche et la pose sur une paillasse à quelques mètres de J.-P. Girard qui ne peut y toucher, car il est entouré par les autres observateurs et s'occupe d'autres éprouvettes sans jauges. A un moment, il dit "sentir un effet" du côté de l'éprouvette à jauges. L'un de nous la reprend, sans que J.-P. Girard ait pu la toucher : elle est fléchie (1 mm) dans le sens opposé à celui du 1er essai.

Les déformations résiduelles des jauges 1 et 2 sont reportées sur le tableau II; ces jauges se trouvent dans la zone fléchie. Le signe + indique une extension.

L'éprouvette a été disséquée par sciage manuel de façon à isoler les parties collées sous les jauges et à en relaxer les contraintes internes, au moins partiellement. Les déformations résiduelles sont reportées sur le tableau II.

A titre de contre-essai, M. J.Bouvaist a étudié récemment les déformations d'éprouvettes identiques (au point de vue métal, dimensions et position de jauges), fléchies "mécaniquement" par flexion "4 points". A flèche de même ordre de grandeur, les déformations résiduelles mesurées par les juages sont comparables à celles indiquées après le premier essai du tableau II : à ce point de vue, on ne peut donc pas mettre en évidence de différence de comportement notable entre les éprouvettes fléchies mécaniquement et celles déformées sans effort par J.-P. Girard.

 

Séance du 28 février

Parmi les diverses éprouvettes déformées au cours de cette séance, l'une d'elles était équipée de jauges et a donné lieu à des observations intéressantes. Il s'agit d'une lame de dimensions (enmm) 350 x 15 x 3 en AU4G.T4 (limite d'élasticité à 0,2 % = 300 MPa ; R = 443 MPa). Deux jauges, de longueur utile 30 mm, étaient collées l'une après l'autre sur la face "inférieure"; leurs centres étaient distants de 64 mm. L'essai a duré 10 min, avec enregistrement sur Ultralette.

Après l'essai, l'éprouvette est déformée en S. Une première flexion est située vers le centre, dans la zone de la jauge J1, concavité vers le bas (côté des jauges). La seconde flexion, en sens inverse, est située environ 80 mm plus loin, vers la jauge J2. Dans cet état, les deux extrémités de la lame sont parallèles et décalées de 4,5 mm.

Si on peut à la rigueur admettre que J.-P. Girard, qui promenait sa main gauche sur la face supérieure, apparemment sans contact appuyé, a pu cependant exercer un appui bref fléchissant la lame, la deuxième flexion, elle, aurait exigé une traction. On peut imaginer une boucle de fil passée subrepticement autour de l'éprouvette; mais pour exercer l'effort d'au moins 10 kg nécessaire, par exemple avec un fil de nylon, il aurait fallu un fil d'au moins 0,25 mm de diamètre.

Sur l'enregistrement, on observe de nombreux "pics", isolés ou par groupes, comme des trains d'ondes d'accourcissement. Ces trains d'ondes apparaissent simultanément sur les deux pistes, et leurs tracés sont sensiblement homothétiques ( fig.2, qui montre le plus grand "pic", correspondant à un accourcissement de 0,43%, donc, atteignat le domaine plastique). Pendant la plus grande partie de l'expérience, J1 donne des pics plus grands que J2; vers la fin, le rapport s'inverse; puis, les pics deviennent égaux.

 

 

Figure 2. - Un passage de l'enregistrement de la séance du 28 février.

En abscisse, les déformations, ici vers la gauche (accourcissement) : l'échelle est donnée par la valeur du plus grand pic, -0,43%.

En ordonnée, le temps : les durées de pic indiquées donnent l'échelle. La piste de gauche correspond à la jauge J1.

 A la fin de l'essai, les déformations résiduelles des jauges étaient nulles ou très faibles, ne dépassant pas 50.10-6 ( 1mm sur l'enregistrement ). Compte tenu des mesures de déformation résiduelle mesurées par M. J.Bouvaist lors du contre-essai mentionné plus haut, ces faibles valeurs sont surprenantes ; il est également surprenant que les pics enregistrés sur la jauge J2 correspondent tous à des accourcissements, alors que cet endroit est du côté qui se trouve finalement en extension. Il semblerait donc que ces flexions, surtout la deuxième, soient des évènements exceptionnels et anormalement localisés.

On peut donc dire que la déformation de cette éprouvette ne s'est pas effectuée de façon normale. Il faut remarquer que, dans cette période des essais, J.-P. Girard a produit plusieurs déformations en S de lames métalliques assez épaisses; les conditions d'observations étaient bonnes et on n'a pas décelé d'efforts importants, tels qu'en nécessiterait une double inflexion produite à la force des mains.

 

Séance du 10 mars

Dans cette séance, dont le cadre était différent et où il y avait de nouveaux observateurs, J.-P. Girard semblait mal à l'aise. Il a bien déformé des éprouvettes, mais pour deux (barres rondes d'aluminium), la caméra vidéo a décelé des appuis furtifs, comme nous l'avons signalé ailleurs (1); ces manipulations pourraient être capables de fléchir le métal. Deux autres essais cependant sont bons et comportent des éléments qui méritent d'être décrits.

Premier essai

Le premier de ces essais mettait en jeu un enregistrement un peu particulier, celui de la température de peau, grâce à une caméra AGA de thermovision. L'éprouvette, en alliage léger AGS, avait 2,5 mm d'épaisseur; la face observée avait été noircie au molygraphite J.-P. Girard l'a déformé devant la caméra en la tenant très légèrement par les extrémités; la zone centrale a fléchi, convexité tournée sur la caméra. Mais on n'a décelé aucun échauffement de cette zone, la variation de température ne dépassant pas 0,5° , sensibilité de l'appareil à ce moment. A titre de contre-essai, l'un de nous, tenant la même éprouvette autant que possible de la même façon que J.-P. Girard, a fléchi en force cette éprouvette devant la caméra, en doublant à peu près la flèche, donc par une nouvelle déformation comparable à la première. La caméra a accusé un net échauffement ( > 2°C ).

Deuxième essai

Cet essai concerne une éprouvette à jauges extensométriques, de mêmes alliage et dimensions que celle essayée le 28 février ; les jauges étaient disposées comme sur la figure 1. Le mode opératoire était conforme à la description générale au début. C'est le premier essai où nous disposions de trois séries d'observations synchronisées : film sonore, enregistrement sur "Ultralette" et notes.

L'enregistrement a duré 24 min.; l'essai proprement dit 17. Il faut noter qu'au cours de cet enregistrement, le signal de la jauge J2 a été par deux fois bloqué sur l'"Ultralette" à une position intermédiaire correspondant à une déformation de 0,3%; il se débloquait spontanément (c'est-à-dire sans intervention des opérateurs) entre les deux périodes de blocage et à la fin de l'essai; or ce signal, pendant les périodes de blocage, était mobile sur l'oscillographe à mémoire (des photos ont été prises), et l'"Ultralette" s'est toujours comportée comme un appareil très fiable.

L'éprouvette a subi au cours de l'essai deux déformations légères, puis deux flexions importantes rapprochées. Flèche finale : 24 mm ; déformation résiduelle sur la jauge la plus déformée (côté concave) : - 0,24 %. Le pic le plus haut enregistré au cours de cet essai correspond à - 0,75 % (accourcissement) (*) ; au moment de sa production, la caméra révèle que J.P. Girard a pincé assez fortement les chants de l'éprouvette, avec peut être un appui. II est difficile de dire s'il pouvait exercer ainsi un couple capable de fléchir l'éprouvette. Signalons que, dans un essai devant experts (3), J.P. Girard a exercé un pincement similaire au moment d'une flexion ; mais l'illusionniste qui contrôlait a conclu que ce pincement ne pouvait provoquer la flexion, impossibilité confirmée par des contre-essais.

Sur l'enregistrement, on observe des signaux en forme de pics, brefs (une seconde environ), isolés ou souvent groupés en rafales. La figure 3 représente l'enregistrement à un moment (9 min après le début de l'essai), où J.-P. Girard, qui caressait le chant de la lame, c'est arrêté pour regarder l'éprouvette; en prenant celle-ci, un de nous constate la première flexion, légère. Or sur l'enregistrement juste après deux grands pics correspondant à un accourcissement de 0,55 %, on observe un accourcissement résiduel de 0,14%.

 

 

Figure 3. - Un passage de l'enregistrement de la séance du 10 mars. Mêmes coordonnées et échelles que la figure 2. Les deux grands pics correspondent à des déformations de -0,55%

La figure 4 représente les premiers pics enregistrés au cours de cet essai, deux minutes après le début. A côté des pics on observe, tout au long de l'enregistrement, de petites oscillations, comme un "bruit de fond". Sur la figure 4, on distingue très bien au début une zone où ce bruit de fond a une fréquence de 2,4 et, plus loin, une zone d'oscillaions plus faibles, plus rapides et plus irrégulières, de fréquence moyenne environ 6,5. Ce bruit de fond persiste par la suite, plus ou moins régulier, et semble dû à la superposition de deux fréquences, l'une de 2,4 à 3,4 Hz, l'autre de 6 à 9 Hz. Or, nous avons mesuré la fréquence propre de cette éprouvette, encastrée à une extrémité; elle est de 25 à 30 Hz. Quant à la fréquence des mouvements de va-et-vient de la main gauche de J.-P. Girard, mesurée grâce au film, elle va de 1,8 à 2,6.

 

 

Figure 4. - Autre passage du même enregistrement que sur la figure 3. Noter le "bruit de fond"parfois assez régulier.

Les deux jauges donnent des enregistrements homothétiques, à l'échelle près, en déformation. La jauge J1, située près de la main droite (donc près de l'"encastrement") pendant presque toute la période où les signaux s'enregistrent sur les deux pistes, donne des déviations à peut près doubles de J2, qui est plus près de la main gauche. Il y a cependant une exception curieuse : 9 min 30 s après le début de l'essai, J.-P. Girard retourne l'éprouvette bout pour bout; à ce moment, les signaux de J2 devraient devenir plus forts que ceux de J1; or ce n'est pas ce qu'on observe, car les signaux J2 continuent à être plus faibles pendant 35s, puis l'enregistrement de J2 fait un saut vers le haut et se bloque, comme nous l'avons dit plus haut !

Les déformations permanentes sont observées après des "pics" (fig.3) dépassant 0,5% (accourcissement), c'est-à-dire pour une déformation totale (élastique + plastique) dépassant un peu celle atteinte à la limite d'élasticité conventionnelle à 0,2%) qui pour cet alliage vaut 0,42%. Le point le plus frappant de cet essai est le nombre considérable de pics enregistrés : 88 correspondant à des accourcissements de plus de 0,12%, dont 29 dépassant 0,32%.

 

Séance du 25 mars

C'est à partir de cette séance que commencent les essais que nous considérons comme bien contrôlés de bout en bout et complètement valables. J.-P. Girard, familiarisé avec les instruments et le protocole, était détendu et la caméra n'a plus révélé d'appuis ou pincements furtifs. Au cours de cette séance, 11 éprouvettes ont été déformées ou transformées, dont deux en acier inoxydable (1) et une lame d'aluminium qui a subi un effet induit remarquable, ahurissante succession de flexions et de redressements, alors qu'elle était tenue légèrement par un assistant (un professeur venu contrôler les essais) assis de l'autre côté du bureau où opérait J.-P. Girard; à la fin, tenue légèrement par chacun d'eux à une extrémité, elle a subi une forte flexion vers le milieu, filmée dans de bonnes conditions. Au cours de cette séance, deux éprouvettes munies de jauges ont donné de bons enregistrements.

Première éprouvette

Il s'agit d'une éprouvette munie de jauges, en tous points semblable à celle de la séance précédente, essayée suivant le même protocole. Les observations ont été similaires.

 

Figure 5. - Un passage de l'enregistrement de la première éprouvette de la séance du 25 mars. Mêmes échelles que précédemment.

L'essai a duré 20 min, au cours desquelles il y a eu quatre déformations : à chaque fois l'essai a été interrompu pour tracer le profil :

- à la première sont apparues deux zones de flexion, une vers la main droite, et l'autre vers la jauge J2. Il faut remarquer que J.-P. Girard a retourné trois fois l'éprouvette bout pour bout pendant cette période de l'essai.

- à la deuxième et à la troisième déformation, la première flexion s'est accentuée pour devenirtrès visible; la flèche à ce moment est de 13,5 mm,

- à la quatrième, l'éprouvette a subi un redressement léger, mais net,

Au cours de cet essai, J.-P. Girard tient l'éprouvette tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, c'est-à-dire :

- tantôt avec les fils sortant de la main droite, qui recouvre la zone de connexion laquée, comme dans la séance du 10 mars. Dans ces conditions, les pics enregistrés par J1 sont plus forts que ceux de J2, ce qui est "normal" si c'est la main gauche qui agit, quelle que soit la nature de cette action,

- tantôt avec les fils à gauche, la main droite tenant la zone nue de l'éprouvette; dans les périodes correspondantes, les signaux de J2 sont plus forts que ceux de J1.

Dans tous les cas, on observe un bruit de fond, plus important que dans la séance du 10 mars, au point qu'on le sépare parfois mal des pics (fig.5). Ce bruit de fond atteint des amplitudes de 0,14% (accourcissements). Sa fréquence est aussi plus élevée de 3,3 à 4 Hz avec en quelques endroits superposition d'une fréquence de 7 à 8.

La fréquence du mouvement alternatif de la main gauche de J.-P. Girard va de 2,2 à 3 avec une pointe de 3,6 pendant 1/2 minute. Comme pour la séance précédente, il faut noter le nombre très important de pics de grande amplitude : 305 dépassant 0,14% (en accourcissement), dont une quarantaine dépassant 0,35%. Or, l'un de nous s'est mis exprès, à plusieurs reprises, de profil, pour voir si J.-P. Girard appuyait pour provoquer des flexions décelables; pour les plus fortes déformations enregistrées, la courbure de l'éprouvette aurait dû être très visible (rayon de courbure de 250 à 300 mm dans la partie utile, ce qui correspond à un angle des extrémités de plus de 20°); et pourtant rien de tel n'a été observé.

 

Deuxième éprouvette

Il s'agit d'une lame en alliage léger AG3 H III de mêmes dimensions (350x15x3) et même disposition de jauges que la précédente.

Figure 6. - Un passage de l'enregistrement de la deuxième éprouvette de la séance du 25 mars. Mêmes échelles. Ici c'est la jauge J2 (piste de droite) qui indique les déformations les plus fortes.

 

L'enregistrement montre, là encore, de nombreux pics et un bruit de fond de fréquence 2,8 à 3,6, qui dans ce cas correspond sensiblement à la fréquence des mouvements de la main de J.-P. Girard (2,8 à 3,3). Presque tous les pics correspondent à des accourcissements ne dépassant pas 0,11%, ce qui correspond à la limite d'élasticité de cet alliage, moins dur que le précédent. Seuls deux pics très rapprochés dépassent cette valeur, le plus fort (sur J2) étant de -0,32%, suivi par une déformation résiduelle de -0,17% (fig.6). Or, à ce moment, sur le film, on voit très nettement une flexion se produire et cet endroit est spécialement intéressant, car à ce moment l'éprouvette est très visiblement libre de tout appui, la main droite ne la tenant qu'entre pouce et index, sans contact de la paume. La flèche produite est d'environ 6 mm.

 

Séance du 31 mars

Au cours de cette séance ont été déformées 12 lames et barres d'aluminium ou d'alliage léger, dont une barre sans jauges fléchie en tube de verre, de façon très intéressante et significative (1).

Trois lames munies chacune de deux jauges, collées comme pour les séances précédentes, ont été fléchies par J.-P. Girard selon le même mode opératoire:

- une lame de 310x15x3 en AU 4 G T4; flèche finale 3 mm.

- une lame de 350x15x3 en A5 H 18; flèche finale 7,5mm.

- une lame de 310x15x3 en A5 H 18; flèche finale 27 mm.

Les enregistrements ressemblent aux précédents, avec pics et bruits de fond, dont la fréquence ici va de 2 à 4.

On peut noter que dans la lame d'aluminium A 5, les pliages sont plus aigus et concentrés et les déformations résiduelles enregistrées notables; alors que sur la lame d'alliage, la courbure est plus répartie et les déformations résiduelles sont faibles.

 

Séance du 12 mai

Dans cette s"ance, nous nous sommes efforcés que J.-P. Girard ne touche pas l'éprouvette de la main gauche.

Deux barres rondes ont été équipées de jauges selon deux génératrices à 90°, de façon à pouvoir déceler des flexions dans toutes les directions :

- une barre en AU 4 G T4 de 8 mm de diamètre,

- une barre en AU 2 T4 de 17 mm de diamètre.

Deux enregistreurs à deux pistes fonctionnaient simultanément en parallèle:

- un enregistrement potentiométrique à scripteur SEFRAM, à enregistrement immédiat, bande passante environ 10 Hz, disposé à côté de l'opérateur, dans le champ de la vidéo. Au début, J.-P. Girard était assis à côté, mais ne voyait pas les stylets enregistreurs, ni la courbe; ensuite, il s'est mis debout et voyait l'enregistrement se faire (voir fig.7). Le fait qu'il regardait n'a fait aucune différence sur l'allure des pics;

- un enregistreur oscillo-galvanométrique "Ultralette", le même que dans les essais précédents, caché dans une autre pièce que J.-P. Girard n'a pas vu et dont il ignorait la présence.

 

 

Figure 7. - Photographie montrant J.P. Girard faisant un essai sur barre ronde (12 mm), sans contact. Il regarde l'enregistreur, à gauche, à côté des deux observateurs (C.C et J.R)

De nombreux pics ont été enregistrés, simultanément sur les deux enregistreurs, ce qui écarte une hypothèse que l'on peut éventuellement faire, c'est que J.-P. Girard pouvait "agir" directement sur les stylets de l'enregistreur qu'il voyait.

La prise de la main droite a été soigneusement contrôlée, pour être sûr qu'une contraction de cette main ne pouvait envoyer des impulsions aux jauges; J.-P. Girard s'est prêté, dans ce but, à une série de contre-essais faits par lui, ou par un des observateurs présents, notamment en agitant fortement les fils ou l'éprouvette, sans que l'enregistreur ne bouge. La vidéo et les observations visuelles permettent d'affirmer que la prise de la main droite est restée correcte tout le long de la séance.

Les jauges se trouvaient à la sortie de la main droite, à la même distance des extrémités, mais décalées de 90°, comme il a été dit. Un observateur a fait à la main (pendant que J.-P. Girard tenait toujours la barre de la main droite) des appuis dans les quatre sens (haut, bas, avant, arrière) pour repérer le sens de chaque impulsion, d'après le signe des deux pics de chaque couple correspondant à une impulsion, et en faisant l'hypothèse que la déformation est bien une flexion pure, ou presque.

J.-P. Girard s'est efforcé de bonne grâce de ne jamais toucher la barre de la main gauche. La vidéo et l'observation visuelle permettent d'affirmer que cette condition a été remplie pendant presque tout l'essai. Certains passages sont particulièrement bons sous ce rapport; ils ont été repérés au crayon sur l'enregistrement, et à ce moment on observe des pics très nets sur les deux pistes.

Les pics ont été plus faibles que dans les essais précédents. Les pics les plus forts correspondent aux déformations reportées ci-dessous; on a aussi indiqué les contraintes calculées, comme si la déformation était élastique :

Déformations

Contraintes

- petite barre ( 8 mm )

250.10-6

1,8 hbar

- grosse barre ( 17 mm )

55.10-6

0,4 hbar

Pour produire cette déformation, si J.-P. Girard avait appuyé avec la main gauche (ce qu'on ne lui a d'ailleurs pas vu faire), à 100 mm de sa main droite, il aurait dû exercer des efforts de 0,9 kg sur la petite barre et de 2 kg sur la grosse.

Mais l'observation la plus intéressante et éliminant la possibilité de truquage porte sur la direction des impulsions. Elles ont commencé par aller à peu près horizontalement vers l'avant. Puis, au cours de l'essai, leur direction a varié (fig.8, a et b), un peu dans tous les sens, et on a observé plusieurs pics correspondant à des impulsions vers le haut, à peu près verticales ou obliques, et en particulier obliques en haut vers J.-P. Girard. Celui-ci n'a d'ailleurs pas pu tourner la barre dans sa main, vu la prise qu'il avait à ce moment (vérifiée attentivement par deux observateurs et contrôlable sur la vidéo), l'adhérence du vernis recouvrant les connexions, la position des cables de connexion (on peut contrôler sur le film qu'ils ne bougent pas); les changements erratiques et fréquents de la direction des impulsions excluent d'ailleurs cette hypothèse.

 
Figure 8a. - Un passage de l'enregistrement du 12 mai sur la petite barre ( diamètre 8 mm). Le papier enregistreur est à carreaux millimétriques; les échelles sont marquées sur la figure. Il y a décalage de 10 mm entre les pistes correspondant à J1 et J2. Noter le changement de direction très rapide au temps 45 min 36 s. Noter aussi les pics marqués d'un + sur chaque piste, qui correspondraient (s'il s'agissait d'une flexion pure) à une attraction vers la main gauche de J.P. Girard (sens de la flèche marquée sur la figure, l'éprouvette étant supposée vue en bout comme sur la figure 7).

Les pics ont souvent des formes curieuses, arrondies (fig.9), ou groupés en train d'ondes rappelant le bruit de fond des expériences précédentes, avec des fréquences allant de 2 à 3,5.

 

Figure 8b. - Un passage de l'enregistrement du 12 mai sur la grosse barre (diamètre 17 mm). Les premiers pics correspondent à une attraction, comme l'indique la flèche; vers 24 min 47 à 48 s, il y a changement de direction, comme si la barre était fléchie horizontalement vers l'avant.

Figure 9. - Autre passage de l'enregistrement du 12 mai sur la petite barre. Grands pics très irréguliers.

Au cours d'un essai ultérieur, la grosse barre (17 mm de diamètre) munie de ses jauges et de ses fils, mais débranchée, a été fléchie par simple contact devant un expérimentateur. La flèche produite était de 4 mm. Or cette barre était semblable à celle décrite ailleurs (1) qui, pour une flèche de cette valeur produite mécaniquement, exigeait un couple de 57 N.m. Cette valeur est bien plus forte que celle qu'un homme peut exercer de force à deux mains (1).

 

DISCUSSION

Etant donné la coïncidence des observations directes et notées, des enregistrements sur jauge et des observations sur films, les effets produits par J.-P. Girard l'ont certainement été au cours des périodes d'essais.

En ce qui concerne les effets enregistrés par la jauge, les appareils sont fiables, d'usage courant en milieux industriels; ils ne donnent aucune déviation quand l'éprouvette est au repos et hors de portée de J.-P. Girard. Si celui-ci avait voulu truquer pour produire ces effets, il n'aurait donc pu utiliser que des trucs agissant en cours d'essai par un effet soit électromagnétique (sur la jauge); soit mécanique (sur les éprouvettes). Examinons ces deux hypothèses;

 

1ère hypothèse - effet électromagnétique

Ces jauges sont construites de façon à être insensibles aux parasites électromagnétiques rencontrés dans les ateliers et laboratoires. Nous avons testé cette insensibilité de la façon suivante : une éprouvette avec jauges a été exposée à l'action d'un générateur à éclateur de 45 kW, en la plaçant à 20 cm environ du rotacteur à vapeur de mercure fonctionnant sous 8000V. Si, sur l'oscilloscope à la la sensibilité maximale, on observe quelques petites oscillations fugitives, sur l'Ultralette fonctionnant à la sensibilité utilisée avec J.-P. Girard on n'observe pratiquement rien, à peine un épaississement du trait de l'ordre du millimètre.

Or, pour produire des effets d'induction sur les jauges, J.-P. Girard aurait pu utiliser deux trucs:

a) un minuscule générateur bien dissimulé, parexemple dans un prothèse dentaire, truc suggéré par certains. Il est totalement exclu qu'un appareil aussi petit puisse donner des signaux 100 fois plus forts que le générateur de 45 kW du contre-essai;

b) un peu de poudre d'aimant cachée sous les ongles de la main gauche qui, du fait de son mouvement alternatif, aurait pu ainsi produire une induction périodique. Là encore, l'effet possible serait beaucoup trop faible; mais il y a encore d'autre arguents contre: il n'est pas possible de produire ainsi à la fois des pics et le bruit de fond.

Ce truc pouvait-il produire le bruit de fond seul ? Là encore la réponse est "non", pour plusieurs raisons:

- l'amplitude du bruit de fond peut varier de façon considérable, alors que le mouvement de la main gauche reste sensiblement le même. Il arrive même que le bruit de fond soit absent (débuts d'enregistrement et certains passages de la séance du 12 mai), ou au contraire qu'il soit si fort qu'on passe de façon presque continue aux "pics",

- il y a désaccord entre les fréquences du bruit de fond et celles du mouvement de la main: ces dernières sont en moyenne significativement faibles.

- l'effet devrait être plus faible sur la jauge proche de la main droite, alors qu'on observe en général l'inverse.

On peut donc exclure le truquage électromagnétique.

2ème hypothèse - effet mécanique

Dans la plupart des cas, les enregistrements et les déformations observées "pourraient correspondre" à une poussée de la main gauche de J.-P. Girard. Mais avant d'examiner ces cas, nous allons discuter des quelques cas exceptionnels où les effets pourraient correspondre à une attraction de sa main gauche (séances du 28 février et du 12 mai). Dans ces conditons opératoires, il semble que le seul truquage imaginable soit une boucle de fil fin passée autour d'un des doigts de J.-P. Girard, où il aurait enfilé une extrémité de l'éprouvette pour la tirer vers le haut.

Dans la séance du 28 février, nous avons vu que ce fil aurait dû avoir au moins 0,25 mm de diamètre pour provoquer la flexion observée. Un tel fil, fort visible, n'a pas été observé.

Dans la séance du 12 mai, nous avons montré qu'il aurait fallu exercer des efforts de 2 kg, ce qui pouvait être produit avec un fil de nylon de 0,1 mm de diamètre. Etant donné la position des observateurs (fig. 7) et le fort éclairage, un tel fil aurait été visible. En outre, on ne voit pas comment avec une telle boucle de fil J.-P. Girard aurait pu produire des trains d'ondes soit sinusoïdaux, soit irréguliers (fig.9), ni surtout les changements brusques et fréquents de la direction des impulsions, qui auraient nécessité des mouvements désordonnés de sa main fort visibles sur le film.

Nous excluons donc pour ces raisons des actions attractives de la main gauche de J.-P. Girard, effectuées par des fils.

Dans le cas général, y-a-t-il des poussées de la main gauche de J.-P. Girard capables de produire les déformations observées et les signaux enregistrés ? Il est évidemment regrettable que nous n'ayons pu obtenir de J.-P.Girard un mode opératoire sans contact avec l'éprouvette, comme J.Hasted l'a obtenu des sujets avec lesquels il a opéré (2). Malgré ce défaut, nos observations sont suffisamment convaincantes, car nous allons montrer que, dans les conditions réalisées, de telles poussées de la main auraient dû être décelées et sont d'autre part tout à fait invraisemblables.

La caméra vidéo a été capable de déceler deux appuis furtifs et un pincement al observés visuellement lors de la séance du 10 mars, qui était encore dans la période de prise de contact et de mise au point. Le fait que ces manipulations n'aient pas échappé à la caméra montre que l'on peut avoir confiance en elle. Pour échapper à la caméra, l'appui furtif devrait durer moins de 0,1s, intervalle entre deux vues successives: outre l'invraisemblance d'un appui aussi bref, il est incompatible avec les signaux des jauges, où les "pics" durent 1 à 2s.

En sens inverse, la caméra peut, dans beaucoup de cas, permettre de juger si l'éprouvette est libre de bouger en dessous des mains de J.-P.Girard, donc si elle n'est pas "encastrée" ou prise dans un double appui. C'est le cas par exemple au moment d'une déformation de la séance du 25 mars (2ème éprouvette), car au moment où elle se produit, on voit que l'éprouvette bat librement sous la paume droite de J.-P.Girard, qui ne peut donc pas exercer un couple avec cette main. Des observations de ce genre renforcent également la confiance dans la caméra.

L'invraisemblance d'un effet mécanique est soulignée par le nombre considérable de "pics" décelés par les jauges, qui dans cette hypothèse devraient être produits par un nombre aussi considérable de fortes poussées. Entre les seules séances des 10 et 25 mars, on dénombre 400 pics de plus de 0,12% (accourcissement), dont 70 dépassent 0,32%, ce qui correspondrait (si la flexion était produite par une force manuelle) à un couple de plus de 5,2 Nm. On ne voit vraiment pas pourquoi J.-P.Girard se serait amusé et fatigué à donner autant d'appuis si forts au risque d'augenter les chances de se faire prendre.

Quant au "bruit de fond", il ne peut pas non plus être expliqué mécaniquement, étant donné le désaccord entre sa fréquence et celle du mouvement alternatif de la main gauche. Ce désaccord est de toutes façons surprenant. Signalons en passant que les fréquences de ce bruit de fond sont dans le domaine de celles des ondes théta, qui ont été observées chez certains sujets en état de concentration profonde.

Certaines anomalies signalées au cours de la description des essais montrent que les effets observés n'auraient pas pu être produits par des moyens mécaniques "normaux", par exmple:

- les déformations résiduelles anormales lors de la séance du 28 février,

- le rapport anormal des signaux de J2 et de J1, signalé à propos de la séance du 10 mars.

Nous pouvons donc conclure que la grande majorité des effets enregistrés ne sauraient être produits en force par J.-P.Girard avec sa main gauche.

 

CONCLUSION

Nous écartons donc l'hypothèse de truquage, et concluons que les phénomènes observés et enregistrés sont dus à un "effet" situé hors du paradigme scientifique actuel ou à sa frontière, et pour lequel la liaison classique de la théorie de l'élasticité entre déformations et contraintes, se trouve en défaut, ainsi sans doute que la liaison entre énergie et déformation (voir observations à la caméra thermographique du 10 mars).

L'hypothèse minimale que nous avons le droit de faire est que les signaux des jauges sont dus à une déformation du métal de l'éprouvette (*). Cette hypothèse est justifiée par diverses remarques :

- parallélisme complet (par homothétie des ordonnées) des enregistrements des deux jauges,

- proportion entre les effets des deux jauges dabs le rapport qu'on peut attendre d'une "action" de la main gauche de J.-P.Girard,

- apparition de flexions permanentes observables et mesurables quand les signaux d'une jauge dépassent nettement la déformation à la limite d'élasticité (0,2%).

(*) Dans un domaine de recherche aussi nouveau, on est encore au début de la phénoménologie et il faut faire attention au langage employé. Quand on voit un signal sur l'enregistreur, on ne sait pas, à priori, s'il est dû à la jauge seule (par variation de résistance, par exemple) sans que le métal soit déformé, ou si métal et jauge se sont déformés solidairement, comme il est normal.

Des examens au microscope électronique en lames minces faites sur des éprouvettes déformées par l'effet "anormal" de J.-P.Girard ont montré des densités de dislocation accrues par rapport à l'état initial, mais comparables à celles d'éprouvettes fléchies mécaniquement de la même quantité. Ceci nous apprend que, dans cet effet anormal, les dislocations se multiplient comme dans les déformations normales, mais la précision des mesures de densité de dislocation est insuffisante pour révéler une différence.

Ces observations sont à rapprocher de celles faites par J.Hasted (2) sur une demi-douzaine de sujets britanniques, et sur J.-P.Girard lui-même qui a opéré dans son laboratoire. Ses expériences ont démontré que les déformations produites de cette façon n'étaient pas des flexions simples, qu'elles avaient dans l'épaisseur du métal une répartition ondulatoire, dont résultait une composante de flexion et une composante longitudinale (allongement ou accourcissement axial). En particulier, les changements brusques et erratiques de sens des pics constatés dans la séance du 12 mai, et que nous avions interprétés comme dus à des changements de direction d'une flexion que nous supposions simple, sont tout à fait semblables à des effets que J.Hasted a enregistrés et qu'il a pu, grâce à la répartition de ses jauges, expliquer par des ondes d'allongement ou d'accourcissement. Notons en passant que cette concordance entre des observations très nombreuses (des milliers de signaux!) enregistrées dans deux laboratoires différents réfute l'objection de non reproductibilité de tels effets. La troisième remarque ci-dessus montre que lors d'une déformation permanente de l'ensemble, les couches superficielles atteignent un stade de déformation voisin de celui de la limite d'élasticité. C'est évidemment une condition nécessaire. Mais cela ne prouve pas que la contrainte atteigne la valeur normalement correspondante.

Il est possible en effet que le mot "contrainte" n'ait pas sa signification usuelle dans des phénomènes anormaux de ce genre; il faut raisonner en déformations. D'ailleurs tous les phénomènes observés par nous ou par J.Hasted peuvent être schématisés en admettant qu'un sujet comme J.-P.Girard agit en mettant en mouvement les dislocations d'un métal, qui peuvent ensuite se multiplier selon les mécanismes connus.

 

A PROPOS DE L’ARTICLE DE CH. CRUSSARD ET J. BOUVAIST

par Jean-Jacques Trillat, président de l'Académie des Sciences

 

L’article ci-dessus a été écrit à la suite d’expériences mettant en cause le comportement anormal de métaux ou alliages en présence de J.P. Girard. Je peux assurer que ces expériences ont été effectuées avec une grande rigueur scientifique, de façon à éliminer autant que possible toute tricherie; cependant, plusieurs d’entre elles n’ont pas convaincu, car il reste toujours la possibilité d’un truquage.

Beaucoup de phénomènes sont rejetés par le monde savant parce que considérés comme irrationnels; mais ce n’est pas faire preuve d’honnêteté scientifique que de refuser a priori de chercher à les observer et à les contrôler par soi-même, dans un souci de vérité.

Plusieurs personnalités scientifiques n’ont pas hésité à participer aux expériences de J.P. Girard, simplement pour les « voir » objectivement. J’ai eu personnellement cette occasion et j’ai été parfois troublé par ces expériences qui, comme l’a dit un de nous, nous mettent nous, physiciens, dans une situation inconfortable.

De toutes ces expériences, la plupart enregistrées en vidéo, avec un luxe considérable de contrôles, seules ont été retenues par C. Crussard et J. Bouvaist, celles qui font l’objet de cet article. Jusqu’à preuve du contraire, il n’a pas été possible de donner une explication rationnelle des transformations observées et décrites - ce qui ne signifie naturellement pas qu’on n’en trouvera pas par la suite.

Il a paru intéressant aux auteurs de l’article de publier leurs observations, sachant bien qu’ils iraient au devant d’un scepticisme assez général - mais il ne faut voir dans leur démarche que le désir de faire connaître des phénomènes évidemment inexplicables dans l’état actuel de nos connaissances.

J’ai accepté pour ma part d’ajouter ces quelques lignes, ayant eu l’occasion de suivre d’assez près ces expériences, simplement pour donner ma caution sur la rigueur scientifique avec laquelle elles ont été conduites par les auteurs. Trop de facteurs sont encore indéterminés pour qu’il soit possible d’en donner une interprétation valable.

 
J.J. TRILLAT
Président de l’Académie des Sciences.

Bibliographie

1. CRUSSARD (C.), BOUVAIST (J.).- Mém.Sci.Rev.Mét., 75, n°2 (1978), 117.

2. HASTED (J.). - The Metal Bender, Ed. Routledge and Kegan Paul, Londres (1981).

3. La Recherche, 9 (1978), 508-511.

 

Documents




Mémoires Scientifiques Revue Métallurgique - Février 1979

Revue de Polytechnique "La Jaune et la Rouge" n°342 Juin 1979

 

Etude de quelques déformations
et transformations apparemment
anormales de métaux observées en présence

de Jean-Pierre Girard

 
C. Crussard, J. Bouvaist, Jollant, Rauch et coll.


INTRODUCTION

 

L’un de nous ayant été brutalement mis en face d’un cas de déformation d’éprouvette métallique sans intervention apparente d’une force extérieure (cf. Sciences et Avenir, n°345 - Novembre 1975 ), nous avons pensé qu’il était de notre devoir de chercheurs métallurgistes d’essayer d’étudier systématiquement ce genre de manifestations. Aussi nous sommes nous adressés à J.P. Girard, qui était réputé produire des effets « anormaux » sur les métaux et désirait expérimenter devant des scientifiques. Le présent article a pour but de décrire quelques-uns des essais que nous avons effectués avec lui depuis près de deux ans.

Quelques semaines après le début de nos essais, J.P. Girard nous avait prévenus qu’il avait pratiqué la prestidigitation. Quelque temps après, nous avons d’ailleurs appris de deux ou trois côtés à la fois qu’il était inscrit sur « l’annuaire des magiciens ». Au début, il opérait de façon un peu confuse et enveloppée, rappelant le style d’un illusionniste; malgré cela, dès cette période initiale, J.P. Girard a produit des effets intéressants; diverses personnalités scientifiques ont assisté à quelques-unes de ces démonstrations. Nous avons peu à peu obtenu que J.P. Girard simplifie sa manière d’agir et se prête à un protocole plus rigoureux. Mais nous avons observé sur nos enregistrements quelques gestes qui impliquaient une action musculaire. Ce mélange d’effets frappants et d’éléments douteux nous a incités à une étude critique qui a été assez longue; nous pensons intéressant d’en retracer ici les principales étapes.

 

Pour nous entourer d’avis variés, nous avons, dès août 1976, consigné l’ensemble de nos observations, de nos réflexions et de nos doutes dans un rapport provisoire qui a été distribué alors à de nombreuses personnalités scientifiques; dans ce rapport, nous avions mentionné ce que nous savions sur J.P. Girard comme prestidigitateur et quelques-uns de nos doutes sur les « appuis » qu’il pouvait donner plus ou moins consciemment en cours d’essais. Nous avons complété ce rapport par des présentations de documents (éprouvettes, micrographies, diagrammes, enregistrements « vidéo) en faisant un échantillonnage des essais sûrs et d’autres moins bons, car il aurait été incorrect de présenter une sélection trop optimiste. Dans ces présentations, et pour élargir l’information sur J.P. Girard, nous avons aussi montré des films d’origines extérieures variées et d’ailleurs de valeurs inégales. Des illusionnistes, français et étrangers, ont assisté à certaines présentations; ils nous ont aidés à préciser notre opinion sur certains endroits; l’un d’eux a découvert un indice de truquage sur un film que J.P. Girard nous avait procuré sans nous dire qu’il était truqué. Les avis recueillis au cours de toutes ces discussions, nous ont aidés dans l’étude critique de nos documents, et dans diverses vérifications que nous avons faites depuis. J.P. Girard s’est prêté à quelques contre-essais, dont un au moins très intéressant (Essai n°.4 du tableau II). Tout ceci nous a pris du temps et explique le long délai entre nos premiers essais et la parution du présent article; mais nous pensons que cette étude critique a été poussée assez loin, sinon presque trop loin, et que le moment est venu de publier les plus typiques de nos expériences.

La sélection que nous présentons résulte donc d’un long travail de criblage. Des 150 éprouvettes que J.P. Girard a déformées ou transformées devant nous ou nos collaborateurs, il n’y en a qu’une vingtaine où nous puissions affirmer de façon positive le caractère « anormal » des effets observés; nous exposons dans la suite de cet article huit de ces cas, les plus typiques. Mais il faut dire que, parmi les essais éliminés, il y en a très certainement une majorité de valables, car nous avons pris un crible trop sévère en écartant des démonstrations qui ne suivaient pas un mode opératoire fixé d’avance. D’autres essais, avec jauges extensométriques, seront publiées ultérieurement.

Notre souci de rigueur élimine ainsi des observations assez remarquables, portant sur des déformations à distance, des déformations d’objets ou éprouvettes dans les mains mêmes d’observateurs au-dessus de tout soupçon, ou tenues à chaque bout par J.P. Girard et par un observateur.

Les essais que nous allons relater ont été conduits sous notre responsabilité personnelle, avec l’autorisation de Pechiney-Ugine-Kuhlmann. Nous tenons à remercier ceux de nos collaborateurs qui ont bien voulu nous aider dans l’étude délicate de ce domaine controversé, notamment MM. J. Rauch, G. Jollant et B. Dubost. Nous tenons aussi à exprimer notre reconnaissance au Professeur J.B. Hasted, professeur de physique au Birkbeck College de l’Université de Londres, pour avoir bien voulu patronner un essai dans son laboratoire.

 

DESCRIPTION DES ESSAIS

 

Flexion d’éprouvettes métalliques

Pour éviter que J.P. Girard puisse plier subrepticement une éprouvette, nous avons utilisé souvent des barres d’assez forte section en métaux variés; surtout aluminium et alliages légers (barres de 250 à 350 mm de longueur et 8 à 17 mm de diamètre), mais aussi cuivre, acier doux, acier inoxydable, magnésium. Nous avons déterminé les forces (moments fléchissants) nécessaires à fléchir nos éprouvettes, par mesures et par calculs. Pour pouvoir comparer les valeurs de résistance des éprouvettes aux efforts qu’elles auraient pu subir s’il y avait eu truquage par flexion subreptice, nous avons déterminé le moment maximal qu’un homme peut développer en saisissant une barre à deux mains et en déployant toute sa force... ce qui ne passe pas inaperçu ! Pour cela, nous avons utilisé une clef dynamométrique à poignées, de 400 mm de long, que nous avons fait essayer à de nombreuses personnes. Les moments maximaux varient, selon les individus, de 20 à 38 N.m; la médiane est vers 25 N.m; J.P. Girard a développé 28 N.m avec un effort très visible. Ces valeurs ont été confirmées par essais directs sur des barres; on en verra un exemple ci-après (Séance du 27 octobre 1976).

Il ne saurait être question de décrire ici tous ces essais, ni d’en faire la revue critique; nous avons choisi pour cet article les deux plus typiques:

Séance du 31 mars 1976,
au Centre Technique de l’Aluminium.

Expérimentateurs:
J. Rauch et G. Jollant, aidés d’un assistant pour l’enregistrement vidéo.

Au cours de cette séance, dans une pièce voisine de celle où était J.P. Girard, un expérimentateur, G. Jollant, a pris une barre de duralumin durci en alliage AU4G état T4 (c’est-à-dire trempé mûri) de 250 mm de long et 8 mm de diamètre; son moment fléchissant critique assez élevé (15 N.m) empêche qu’on puisse la plier sans faire un effort visible. G. Jollant l’a fait rouler sur un bureau, a constaté qu’il n’y avait aucun faux rond, l’a marquée et mise lui-même dans un tube de verre qu’il a fermé avec un bouchon. C’est la seule fois où nous avons pu obtenir de J.P. Girard qu’il ne touche pas une éprouvette à fléchir avant qu’elle soit enfermée dans un tube.

G. Jollant a porté le tube fermé à J. Rauch, qui l’a donné immédiatement à J.P. Girard et, à partir de là, tout a été filmé. Le bouchon, ou la barre dans le tube, ou les deux, étaient toujours visibles. Après s’être concentré et avoir déclaré qu’il sentait quelque chose, J.P. Girard a confié le tube, toujours bouché, à J. Rauch. Celui-ci l’a débouché, a retiré la barre qui était visiblement fléchie, et l’a posée sur le bureau, puis sur une barre plate de façon à faire voir la flèche qui est ainsi rendue très visible. Cette flèche était de 2 mm.

Séance du 27 octobre 1976,
à Grenoble.

Expérimentateurs:
J. Bouvaist et B. Dubost.

Nous décrivons ici l’essai effectué sur la plus grosse barre. Il s’agissait d’une barre de 17 mm de diamètre et 300 mm de long, en alliage AU2 (à 2.05 % Cu) à l’état T4 (trempé à l’eau froide et mûri pendant 1 an); cette barre avait été munie de repères gravés dans la masse; on avait noté l’emplacement de petits défauts caractéristiques; elle avait été apportée sur les lieux de l’expérience dans une voiture autre que celle qui amenait J.P. Girard, et elle était seule de son espèce dans le lot expérimental.


Ce barreau avait préalablement fait l’objet de tests de flexion par des hommes très forts, et seul un homme de 140 kg avait pu obtenir, sur ce barreau, une déformation faible, mais significative, après s’être enduit les mains de magnésie (flèche de 0,6 mm correspondant à un moment appliqué de 38 N.m). Le plan de flexion avait alors été marqué par des gravages effectués sur les deux extrémités. Des essais ultérieurs avaient permis de vérifier que, même en s’aidant d’un appui fixe à mi-longueur, un homme moyen ne pouvait accentuer cette déformation en pesant de tout son poids (65 kg) sur les deux extrémités.

Au cours de l’essai, les deux expérimentateurs étaient assis de part et d’autre, à environ un mètre de J.P. Girard qui opérait en bras de chemise, manches roulées, sans alliance. J.P. Girard réalisa successivement quatre déformations de ce barreau en tenant une extrémité dans sa main droite et en caressant doucement la partie libre de sa main gauche (flexions 1 et 2) ou en imposant celle-ci à 5 cm au-dessus de l’échantillon (flexions 3 et 4). Après chaque déformation, un observateur relevait le profil de l’éprouvette pendant que l’autre restait auprès de J.P. Girard. Les deux déformations les plus importantes (3 et 4) ont pu être suivies à l’œil; elles se sont produites toutes deux vers le bas pendant une durée de l’ordre de 10 à 20 secondes; on a vérifié, après chaque déformation, qu’aucun échauffement n’était détectable par toucher manuel de la barre, et que les flexions réalisées sans effort par J.P. Girard se faisaient toutes dans un même plan (incliné de 34° par rapport au plan de flexion initiale mentionné plus haut), repéré par les gravages indiquées plus haut; ceux-ci permettaient d’ailleurs de vérifier à chaque instant qu’il s’agissait toujours bien du même barreau. Immédiatement après l’expérience, les échantillons ont été mis dans une valise et emmenés au laboratoire.

Décrivons maintenant les examens de laboratoire:
On a d’abord vérifié en laboratoire que tous les repères, gravages et défauts dont était initialement doté le barreau, étaient présents sur le barreau ramené de l’expérience, permettant d’affirmer, sans équivoque, qu’il n’y avait pas eu substitution d’échantillon. La figure 1 donne une image de la barre après l’expérience.

Les examens suivants ont eu pour but de caractériser, d’une manière non destructive, les modifications introduites dans le barreau, et ce plus particulièrement dans la section A. correspondant au maximum de courbure. On note:

- un accroissement significatif de dureté des deux fibres situées dans le plan de flexion atteignant un maximum de 11 points Vickers (soit 27%) dans la section A. correspondant à la courbure maximale. La longueur de la zone où la dureté est supérieure à la dureté initiale est d’environ 120 mm 60 mm de part et d’autre de la section A).

- dans la section A. perpendiculairement au plan de flexion, la dureté mesurée sur la circonférence est maximum dans le plan de flexion et varie linéairement avec la cote par rapport à la ligne neutre, comme dans le cas d’une flexion simple.

Afin de déterminer le moment qu’il faut appliquer par flexion mécanique au barreau pour obtenir la flèche permanente observée, nous avons procédé à la flexion mécanique d’un barreau témoin identique au précédent avec une distance entre appuis fixes de 200 mm. La variation de la flèche résiduelle mesurée en fonction du moment appliqué est donnée dans la figure 2. On peut ainsi déduire que, pour obtenir la flèche observée sur le barreau fléchi par J.P. Girard (fr = 13,5 mm), il faut appliquer un moment M d’environ 75 N.m soit 2 fois et demie le moment critique Mc = 30 N.m et deux fois le moment exercé par l’homme le plus fort que nous ayons testé. L’énergie totale de déformation peut être calculée à 11 J.

Les résultats précédents permettent d’exclure complètement l’hypothèse de déformations subreptices d’origine musculaire qui aurait échappé à la vigilance des observateurs. Le fait que l’on observe une consolidation « normale » de la zone déformée permet d’exclure en outre l’utilisation subreptice de moyens thermiques ou chimiques ayant diminué localement la résistance mécanique de l’alliage.

En conclusion, l’ensemble des observations effectuées pendant et après l’expérience sur le barreau en duralumin déformé par J.P. Girard lors de l’expérience du 27 octobre 1976 permet de conclure:

- que les déformations successives réalisées n’ont pas été et n’auraient pas pu être produites par utilisation de la force musculaire normale du sujet;

- que la déformation finale obtenue est en tous points comparable à celle que l’on obtiendrait en appliquant au milieu de la barre reposant sur deux appuis une force ponctuelle de 1500 N.

 

Essais en tubes fermés sur acier inoxydable.

Matériaux et conditions opératoires.

Au cours d’une séance au Centre Technique de l’Aluminium, le 25 mars 1976, devant trois expérimentateurs (C. Crussard, J. Rauch et G. Jollant) et quatre autres spectateurs, ont été observés des transformations martensitiques, avec ou sans déformation, d’éprouvettes provenant d’une coulée d’acier inoxydable austénitique de composition spéciale non commerciale, ayant servi antérieurement à une étude de la transformation martensitique par déformation; cette coulée contenait essentiellement : Cr=17,8%, NI=7,4%, Mn=1,56%, Si=0,36%, C=0,050%, N=0,034%.

Deux éprouvettes restant de cette étude ont été utilisées à cette fin; il s’agissait d’éprouvettes à corps cylindrique (diamètre 7 mm et longueur 85 mm) et à têtes lisses de diamètre 12 mm. Ces éprouvettes avaient subi une trempe à l’air à 1050°C (1h en bain de sel), un usinage de finition et une attaque fluonitrique, donnant au corps de l’éprouvette un aspect satiné. La structure résultante est amagnétique, à part quelques endroits de la couche superficielle d’usinage. Les points de transformation martensitique dans cet état sont: Ms=-40°C et Md=+90°C.

Ces deux éprouvettes avaient été confiées pour quelques jours à J.P. Girard. Au début de la séance, elles ont été marquées au crayon électrique de gros chiffres entourés d’un cercle irrégulier n°2 et 3; une autre éprouvette, marquée de la même façon n°1, a servi à un autre essai non significatif et sera reprise plus tard pour un contre-essai de simulation; on voit sa marque sur la figure 5. C’était la première fois qu’on utilisait avec J.P. Girard des éprouvettes de ce genre et qu’on les marquait ainsi. Ce sont ces éprouvettes ainsi marquées qui ont été ramassées à la fin de l’essai dans les conditions que nous verrons; il n’y pas eu de possibilité de substitution.

 


Après marquage, l’un de nous (C. Crussard) a vérifié la rectitude de ces éprouvettes n°2 et 3 en les faisant rouler: aucun « faux rond ».Il a vérifié aussi leur état magnétique. A cet effet, une méthode rapide et simple pour évaluer de point en point le magnétisme consiste à utiliser un petit aimant puissant, en fer à cheval, en Ticonal 1500 (surfaces polaires 7x4mm2, distantes de 8,5 mm) suspendu au bout d’une chaînette. Pour faire la mesure, on part d’une position où l’aimant est au contact de l’éprouvette, la suspension étant verticale; on écarte progressivement l’éprouvette jusqu’à ce que l’aimant décolle.Mesurant la distance horizontale de l’aimant à l’éprouvette à ce point, D, connaissant la masse de l’aimant (22 gr) et la longueur de la suspension, on peut calculer la force d’arrachement F. Au cours de cette vérification, sur le milieu des deux éprouvettes et sur les têtes, la distance D définie ci-dessus n’a pas dépassé 2 à 3 mm, ce qui correspond à des forces d’arrachement F de l’ordre de 0,01 N. dues à quelques traces de martensite superficielle produite par l’usinage.

Après cette vérification, les éprouvettes sont mises sur le bureau derrière lequel J.P. Girard (en manches de chemise retroussées) dans le champ de la caméra vidéo qui ne les quitte pas (pendant que J.P. Girard dispose d’autres éprouvettes et fait une tentative sur un barreau d’alliage léger, sans quitter son siège jusqu’au moment où débutent les expériences suivantes:

a) J.P. Girard prend l’éprouvette n°2 délicatement par une tête et sans exercer d’effort (le film permet de l’affirmer), la met dans un tube, le bouche avec un bouchon (toujours devant la caméra), prend le tube bouché à pleine main (main gauche, le bouchon restant toujours visible), et se concentre. Il donne ensuite le tube à C. Crussard et, à partir de ce moment, ne touchera plus l’éprouvette.

 

C. Crussard retire l’éprouvette du tube: elle a une flexion faible mais nette près d’une extrémité, visible à l’œil, et qu’on vérifie en la faisant rouler; la vérification à l’aimant indique, près de cette même extrémité, un fort magnétisme local (voir tabl. 1). Toute l’opération ayant été filmée, il ne peut y avoir de substitution C. Crussard remet l’éprouvette dans sa boîte pour étude ultérieure;

 

b) J.P. Girard prend l’éprouvette n°3, qui est restée toujours visible. Mêmes opérations que pour le n°2, à cela près qu’un spectateur, à un moment, occulte la caméra. Après que J.P. Girard se soit concentré, C. Crussard reprend le tube bouché, en retire l’éprouvette et la fait rouler. Celle-ci est restée droite, et pourtant elle présente un magnétisme local analogue à celui de l’éprouvette n°2, mais cette fois sans déformation. Elle est remise en boîte pour étude également.

 

Premières mesures

Le lendemain, C. Crussard évalue le magnétisme et les déformations. Pour le magnétisme, c’est toujours le même aimant qui est utilisé; les forces d’arrachement F définies plus haut sont indiquées dans le tableau 1 (à 0,01 N près environ). Pour les déformations, ou flèches Y, on applique une des têtes contre une règle et on mesure la distance entre l’autre tête (côté intérieur) et la règle. Au début de l’essai on a vérifié que les éprouvettes « tournaient rond ».

Sur la figure 3, on voit très bien l’inflexion près d’une tête.

Examens en laboratoire

Des examens divers, d’ailleurs destructifs, ont été faits sur l’éprouvette n°2. Le barreau a été scié électrolytiquement au ras de la tête magnétique. On a pu ainsi introduire l’extrémité magnétique de la partie cylindrique du barreau dans la bobine d’un appareil Sigmatest: l’aimantation spécifique à saturation est de 2,8 correspondant à une proportion de 1,9% de phase magnétique (a‘).

Pour l’éprouvette n°3, une étude non destructive aux rayons X a révélé dans la zone magnétique outre l’austénite, des martensites a‘ et e, celle-ci en forte proportion.

Les micrographes (éprouvette n°2) sur surface polie mécaniquement puis électrolytiquement (fig. 4a et 4b) révèlent un mélange de martensites e et a‘. Par comparaison avec les études antérieures faites sur cet acier, on peut affirmer que ces structures n’ont ni le faciès d’une martensite obtenue par refroidissement, ni celui d’une martensite produite par désensibilisation de l’austénite en la chauffant. Ce ne peut être qu’une martensite due à la préparation de la surface polie). La densité de martensite semble assez uniforme sur toute la section: malgré l’incertitude qui découle toujours en micrographie du choix des champs, les figures 4a et 4b montrent des aspects comparables à surface et à cœur. La quantité de martensite observée sur ces micrographies correspond à celles que l’on obtient sur cet acier par des déformations de traction de 5 à 10%; elle est donc beaucoup plus forte que ce qui correspondrait à la faible flexion observée (fig. 3). Sa localisation est très surprenante.

 

 

Essais de stimulation

Le magnétisme local de la tête de l’éprouvette n°2 n’a pu échapper à la vérification faite au début de l’essai et qui portait notamment sur les têtes.

Néanmoins, deux assurances valant mieux qu’une, nous nous sommes donc demandé si nous pouvions imaginer un processus métallurgique capable de produire ces martensites localisées, tout en laissant les éprouvettes bien droites ou seulement légèrement fléchies.

Comme il s’agit de martensite d’écrouissage, il faut opérer par déformation. La manière la plus approchée pour reproduire sa localisation près d’une tête, avec cette abondance, est la flexion alternée. Nous avons fait des essais sur une autre éprouvette, n°1, non magnétique au départ: il faut coincer une tête dans un étau, fléchir d’environ 30° et redresser. Mais alors, à cause des propriétés spéciales de cet acier, l’éprouvette se ment en S de façon très visible (fig.5). Pour la remettre droite, il faudrait usiner une matrice en forme et recomprimer l’éprouvette à la presse! Autre différence; sur l’éprouvette n°1 ainsi traitée, le magnétisme de l’extrémité du fût est comparable à celui de l’éprouvette n°2, mais la tête n’est pas magnétique, ce qui est évidemment normal.

Un examen micrographique pratiqué sur une autre éprouvette fléchie encore plus fortement et redressée révèle de la martensite d’écrouissage, mais avec une répartition hétérogène très nette: la densité de martensite est plus faible à cœur qu’à la surface (fig. 6a et 6b), ce qui est normal, mais constitue une différence avec l’éprouvette n°2. Pour avoir une densité uniforme dans la section, et de l’importance observée, il faudrait pouvoir exercer une déformation du genre traction localisée dans l’extrémité du fût et dans la tête (de l’ordre de 5 à 10% pour l’éprouvette n°2, et au moins 10% pour l’éprouvette n°3), mais qui ne change pas sensiblement les diamètres du fût ni de la tête (Dans ce cas de l’éprouvette n°3, on a mesuré une très légère diminution de section -0,5% - dans la zone devenue magnétique. Notons qu’on pouvait aussi songer à une simulation par torsion; mais on ne voit pas comment réaliser ainsi une déformation localisée près d’une tête et dans celle-ci.). Il faudrait une succession de rétreints et de pétrissages, tout ceci sans laisser de trace sur l’éprouvette !

Conclusion

L’ensemble des observations décrites ci-dessus permet de constater:

- qu’une transformation martensitique locale a été réalisée au cours de l’essai sur deux éprouvettes, accompagnées sur l’une d’elles d’une petite flexion près d’une tête.

- que nous n’avons pu imaginer aucune opération métallurgique simple capable de reproduire exactement les structures observées dans les zones transformées.

 

Modifications locales de dureté
de plaquettes métalliques

Cette expérience a été effectuée à quatre reprises par J.P. Girard en des lieux et devant des observateurs différents. Lors de la première séance (27.10.1976), l’un des expérimentateurs lui proposa à l’improviste, un essai d’un type nouveau: durcir une plaquette métallique en essayant de « compacter » le métal. Le protocole expérimental retenu pour cet essai et repris pour les trois autres, à quelques détails près qui seront mentionnés, était le suivant: on soumet à J.P. Girard une plaquette en duralumin de dimensions, de composition et de repère connus du seul expérimentateur (et différents pour chaque nouvelle expérience). Dans un premier temps, J.P. Girard prend contact avec l’éprouvette en la frottant ou la caressant avec les doigts sous contrôle rapproché des expérimentateurs. L’éprouvette est ensuite placée par l’expérimentateur dans un tube de verre bouché après vérification de la rectitude et du repère. Le tube est alors redonné à J.P. Girard pour essai. L’éprouvette reste dans le tube jusqu’à l’examen en laboratoire. Pour l’essai 4, la phase en tube de verre fut supprimée, car elle n’apportait aucune garantie supplémentaire par rapport au protocole initial qui acceptait un contact manuel pendant la phase initiale.

Les quatre plaquettes modifiées étaient toutes en duralumin à l’état T351(trempe à 505°C dans l’eau froide, traction de détensionnement de 1,2 à 2%, maturation d’au moins 48h). Deux compositions furent utilisées (une d’alliage quaternaire A-U4SG de composition non commerciale, et une en alliage 2017 industriel). Un symbole anonyme gravé au fer sur le métal et différent à chaque expérience permettait aux observateurs d’identifier sans équivoque la plaquette d’essai d’un simple coup d’œil. Chaque plaquette était issue d’un lot de plaquettes identiques ayant subi le même traitement et les plaquettes témoins de chaque lot étaient conservées en laboratoire pour comparaison et essais de simulation ultérieurs.

Le tableau II résume les lieux et les caractéristiques des matériaux d’essais des quatre expériences.

 





Observations durant l’expérience:

PREMIER ESSAI:

Pendant la phase de prise de contact du bout des doigts (~2mn), on observa successivement deux légères flexions de la plaquette 11-I, en sens inverse l’une de l’autre, de flèches respectives (+1mm) et (-0,5mm). L’éprouvette fut alors mise en tube de verre avec une flèche résiduelle totale de +0,5mm (la fibre légèrement convexe correspondait à la face gravée). Le tube fut alors donné à deux reprises à J.P. Girard (5mn).

DEUXIEME ESSAI:

Aucune flexion avant la mise sous tube. Durée de l’exposition: 3mn.

TROISIEME ESSAI:

L’éprouvette 11-H avait été grenaillée au préalable sur toute la longueur des 2 faces, pour voir si un durcissement supplémentaire local était faisable. Durée: environ 3 mn, sans déformation.

QUATRIEME ESSAI:

L’éprouvette VG est essayée à deux reprises par J.P. Girard (durée de l’exposition: 2 fois 2 mn).

 

 

 


Examens en laboratoire

Pour les quatre essais, les examens comparatifs des repères gravés, dimensions, poids, empreintes de dureté initiales des éprouvettes, ont confirmé que les éprouvettes rendues au laboratoire étaient bien celles qui avaient été préparées pour les expériences.

DURETE:

Après polissage électrolytique, la mesure de dureté au microduromètre Vickers sous charge de 3 kg (~30N) fut effectuée sur les deux faces des éprouvettes soumises à expérience, ainsi que sur les éprouvettes témoins conservées en laboratoire. Les empreintes furent effectuées avec un pas de 1 à 2 mm (selon les cas). Des contre-mesures pratiquées en double aveugle par des opérateurs différents (pour les essais 2 et 4) conduisirent à des résultats équivalents.

Les résultats obtenus par cette technique, dont deux cas sont représentés sur les figures 7 et 8, permettent de mettre en évidence des accroissements notables et simultanés de dureté sur les deux faces opposées. Les longueurs des zones modifiées et les accroissements maximaux de dureté sont regroupés dans le tableau III. Compte tenu de la dispersion (caractérisée par l’écart-type indiqué entre parenthèses à l’avant-dernière colonne), ces observations montrent de façon complètement significative qu’il y a eu modification du métal lors des quatre essais.


On voit que les durcissements maximaux observés vont de 6% (essai 4) à 12% (essai 2) et sont en moyenne de 8%. Lors de l’essai 4, on avait effectué avant l’expérience six empreintes Vickers à mi-longueur parce que dans les essais précédents, le durcissement avait toujours eu lieu dans cette zone, donnant des duretés de 1200 à 1210, ce qui permet d’éliminer complètement l’hypothèse d’une hétérogénéité de dureté préexistante; notons, en passant, que cet essai est particulièrement intéressant parce qu’il a été exécuté en Angleterre, chez le Professeur J. Hasted, et que les duretés ont été remesurées « en aveugle » et confirmées dans un laboratoire anglais indépendant, à l’Electrical Research Association.



CONTRAINTES INTERNES:

Deux techniques ont été utilisées afin de mettre en évidence d’éventuelles différences de contraintes résiduelles longitudinales des zones modifiées. La technique de mesure superficielle par diffraction X (méthode en sin2 Y) utilisée sur l’éprouvette 11-I indique une modification importante de la contrainte résiduelle longitudinale sur les deux faces opposées de la zone modifiée; on observe, en effet, une contrainte résiduelle de - 80 Mpa sur la face non marquée (légèrement concave) et de + 80 Mpa sur la fibre opposée (marquée). Sur les extrémités non modifiées, on retrouve l’état de contrainte initial normal pour cet état métallurgique (T351), soit sR = - 15 Mpa.

Ce point a été confirmé en mesurant sur l’éprouvette 11-J les déformations relatives créées sur la face 2 lors de l’usinage chimique progressif de toute la face opposée (1). On observe, par cette technique (dite de Rosenthal-Norton) une variation importante et significative de la jauge située à l’aplomb de la zone modifiée, alors qu’une jauge située sur la même fibre, à 25 mm de la zone modifiée, a un comportement normal semblable à celui de deux jauges situées sur le témoin. On peut donc conclure, sans ambiguïté, que la modification locale de dureté est associée à une modification locale de l’état de contrainte résiduelle de cette zone.

MICROSTRUCTURE:

Les éprouvettes modifiées lors des essais 1 et 2 et les témoins correspondants, ont fait l’objet d’examens au microscope électronique en transmission (100 kV). Des lames minces parallèles à la surface et amincies avec soin pour éviter toute déformation ont été prélevées à mi-épaisseur sur les deux faces opposées de la zone modifiée de l’éprouvette 11-I, ainsi que sur la zone superficielle modifiée (face 2) de l’éprouvette 11-J.

Dans les deux cas, on observe que les zones modifiées présentent une microstructure caractéristique comportant une densité très importante de petites boucles de dislocation d’environ 200 angströms de diamètre (fig. 9a et 10, a et b). A mi-épaisseur, on trouve une densité de boucles plus faible, mais significativement plus forte que dans le métal initial prélevé en bout d’éprouvette (fig. 9b) et sur un témoin.

Dans le cas de l’échantillon 11-I, on a effectué un comptage comparatif des boucles visibles dans la coupe (110) avec : g = [111] s 0; après avoir mesuré les épaisseurs respectives des différentes lames, on trouve les résultats donnés au tableau IV (moyenne de 5 champs).


En résumé, on observe que les modifications produites par J.P. Girard sur les plaquettes en duralumin qui lui ont été soumises, entraînent simultanément;

 

- un durcissement superficiel de l’ordre de 8% localisé sur les deux faces des plaquettes, sur une longueur pouvant atteindre 40 mm et une largeur de 10 à 15 mm,
- la modification des contraintes résiduelles superficielles dans la zone modifiée,
- la création, dans cette zone, d’une microstructure particulière comportant une densité très élevée de petites boucles de dislocation (F 200 angströms),
- l’absence de déformation macroscopique de flexion (sauf pour l’essai 1- voir plus haut).

Essais de simulation

Comme dans le cas de l’acier inoxydable, nous avons cherché une double assurance en essayant d’imaginer par quels moyens simples de déformation on pouvait simuler les états précédents.


Notons d’abord que les micrographes électroniques montrent que les zones de Guinier-Preston ne sont pas dissoutes et sont les mêmes à la fin de l’essai qu’à l’état original. Ceci exclut toute simulation par traitement thermique, notamment par chauffage superficiel (induction ou rayonnement optique). Nous sommes ainsi amenés à envisager des essais de simulation mécanique.

FLEXION ALTERNEE

Compte tenu du fait que le contact manuel était autorisé pendant la première phase de l’expérience, on pouvait se demander si une opération subreptice de flexion alternée dans le domaine plastique n’était pas suffisante pour conduire aux modifications observées.

Des essais de flexion alternée effectués sur des témoins ont permis de voir qu’il fallait introduire une déformation plastique totale d’au moins 5%par flexion alternée pour obtenir un durcissement de l’ordre de celui qui avait été observé précédemment (-8%). Ceci nécessite de plier très fortement l’éprouvette jusqu’à atteindre un rayon de courbure de 50 mm (ce qui correspond à une flèche de l’ordre de 30 mm, incompatible avec les observations faites), puis de la redresser par une flexion en sens inverse.

Cette simulation ne permet cependant pas de reproduire l’état structural observé sur les éprouvettes modifiées par J.P. Girard. On observe alors, en effet, dans les zones durcies, par microscopie électronique, des écheveaux de dislocations mais pas d’accroissement significatif du nombre de boucles de dislocation.

ESSAI DE COMPRESSION A LA PRESSE

Un essai de compression local à la presse de la plaquette témoin 11-U sous 300 Mpa (se » 220 Mpa), a permis d’obtenir un durcissement des surfaces respectivement en contact avec le poinçon et la table, voisin de celui qui était recherché ( d HV = 140 Mpa), avec une microstructure analogue à celle qui était observée sur les éprouvettes modifiées (fig. 10d), mais avec une moindre densité de boucles. On observe cependant une diminution d’épaisseur de 13% et une modification uniforme dans la section de la structure et de la dureté, ce qui n’est pas le cas pour les éprouvettes « durcies » par J.P. Girard; des mesures d’épaisseur de la plaquette 11-J révélaient cependant une réduction d’épaisseur de l’ordre de 2% à l’aplomb de la zone modifiée.

ESSAI de GRENAILLAGE (shot-peening)

Un essai de grenaillage superficiel des deux faces opposées du témoin (11-M)(conditions opératoires: machine Matrasur, pression air: 7 bars - débit 0.85 m3/mm, billes de verre - Ø 75 à 110 µm -, durée: 1mn) a permis de simuler l’essentiel des points que l’on cherchait à reproduire: durcissement superficiel dHV de 70 Mpa, absence de flexion permanente, microstructure analogue (hétérogène dans l’épaisseur avec une densité maximum de boucles de dislocation au voisinage des surfaces). On obtient cependant par ce moyen une surface dépolie d’aspect très différent de celui des éprouvettes modifiées par J.P. Girard et il faut effectuer un polissage supplémentaire pour restaurer un état de surface comparable.

L’ensemble des observations et simulations effectuées montrent qu’il faudrait effectuer un effort de compression des plaquettes normale à la surface créant une déformation plastique hétérogène dans la section pour reproduire l’essentiel des particularités physiques observées sur les plaquettes métalliques localement et superficiellement durcies par J.P. Girard. L’énergie mécanique requise pour simuler une telle modification peut être estimée d’après l’essai de simulation par compression: on trouve 1,6 J.

On peut produire des boucles de ce genre par irradiation neutronique.

Conclusion

L’ensemble des observations effectuées sur les plaquettes de duralumin soumises à J.P. Girard permet de constater:

- que le durcissement demandé a bien été réalisé à quatre reprises pendant l’essai.

- qu’aucune opération métallurgique simple connue des auteurs ne permet de reproduire exactement les différentes particularités physiques observées dans les zones localement durcies.

 

DISCUSSION ET CONCLUSION

 
Nous avons décrit dans cet article un certain nombre de déformations et transformations de métaux obtenues dans des conditions particulières. Les lieux où se sont produits ces essais et les personnes qui les ont observés ont été variés; la seule présence constante, commune à tous ces essais, a été celle de J.P. Girard lui-même: il y a donc eu corrélation entre sa présence et l’apparition des effets particuliers observés. Il semble donc qu’on ait le droit de dire que J.P. Girard fait partie de la « cause » de ces effets. Mais, pendant ces déformations ou transformations, nous n’avons observé ni enregistré de sa part aucune intervention de forces musculaires ou d’effets physiques capables de les produire.

Il semble donc qu’on puisse conclure au caractère « anormal » de ces effets, surtout si l’on tient compte des observations suivantes:

- pour une des éprouvettes déformées (voir « séance du 27 octobre 1976 »), les précautions prises pour son repérage et le suivi de la déformation par tracés de profils successifs sont de nature à prouver qu’il n’y a pas eu substitution; la résistance très élevée de cette éprouvette nous semble suffisante pour exclure toute explication par une action manuelle et musculaire.

- pour l’autre éprouvette déformée en tube de verre (Séance du 31 mars 1976), le mode opératoire décrit semble établir que la déformation, bien que faible, est assez nette et s’est faite alors que l’éprouvette était dans le tube.

- pour les cas de transformation locale de structure, par transformation martensitique ( § « Essais en tubes fermés sur acier inoxydable ») ou par création de nombreuses petites boucles de dislocations ( § « Modifications locales... métalliques », les précautions décrites montrent qu’il n’y a pas eu substitution. La production de ces effets en tube ou avec contact léger exclut toute explication « normale ». Même s’il y avait eu substitution, il faut noter l’impossibilité où nous avons été de reproduire l’ensemble des particularités physiques des pièces ainsi transformées, ni d’imaginer aucune opération métallurgique simple capable de le faire. Nos essais de simulation ont, en effet, permis de reproduire les éléments structuraux nouveaux produits au cours des essais faits avec J.P. Girard; en combinant plusieurs de ces actions de simulation de façon complexe (actions qui auraient d’ailleurs laissé des traces sur l’éprouvette), on arriverait peut-être à simuler la texture locale et la disposition de ces éléments structuraux, mais on produirait des variations de dimensions beaucoup plus fortes que celles observées, qui sont très faibles ou nulles. Le caractère localisé de ces transformations est surprenant.

Ces expériences font partie d’un ensemble d’essais beaucoup plus nombreux, que nous avons passés au crible et soumis à une longue étude critique dans les conditions décrites dans l’introduction. Dans cet ensemble, nous avons d’ailleurs eu des essais où il ne s’est rien passé, et d’autres où nous avons nettement observé des impulsions musculaires, à côté d’effets positivement « anormaux ».

Il est bon de souligner que les effets observés ont une certaine reproductibilité: les flexions de barres ont été produites de nombreuses fois, les transformations martensitiques locales deux fois, et les durcissements locaux quatre. Le dernier de ces quatre essais, celui fait chez le Professeur Hasted, est le plus significatif, parce qu’il comporte une mesure de dureté avant l’essai dans la zone où se produit ensuite le durcissement, et parce que l’augmentation de dureté a été vérifiée dans deux laboratoires indépendants, dont un laboratoire anglais opérant « en aveugle ».

Dans aucun de ces essais, J.P. Girard n’a produit de structures inconnues. Les modifications de structure observées sont du type de celles produites par certains genres de déformations. Leur répartition est normale dans les cas de flexion simple, mais anormale dans les transformations sans déformation ou avec déformation faible.

Si ces effets avaient été produits par application de forces, le travail à dépenser dans le cas de l’éprouvette la plus grosse aurait atteint environ 12 J. L’augmentation d’enthalpie correspondante serait de 2 à 3 J.

Dans cet article, nous n’avons nullement l’intention d’imposer nos conclusions comme des vérités scientifiques complètes. Mais nous avons cru de notre devoir d’exposer objectivement les conditions et les résultats de ces expériences. Nous n’avons trouvé d’explication aux effets observés, ni dans la physique actuelle, ni dans les truquages possibles: mais d’autres sauront peut-être en imaginer.

 

A PROPOS DE L’ARTICLE DE CH. CRUSSARD ET J. BOUVAIST

 

L’article ci-dessus a été écrit à la suite d’expériences mettant en cause le comportement anormal de métaux ou alliages en présence de J.P. Girard. Je peux assurer que ces expériences ont été effectuées avec une grande rigueur scientifique, de façon à éliminer autant que possible toute tricherie; cependant, plusieurs d’entre elles n’ont pas convaincu, car il reste toujours la possibilité d’un truquage.

Beaucoup de phénomènes sont rejetés par le monde savant parce que considérés comme irrationnels; mais ce n’est pas faire preuve d’honnêteté scientifique que de refuser a priori de chercher à les observer et à les contrôler par soi-même, dans un souci de vérité.

Plusieurs personnalités scientifiques n’ont pas hésité à participer aux expériences de J.P. Girard, simplement pour les « voir » objectivement. J’ai eu personnellement cette occasion et j’ai été parfois troublé par ces expériences qui, comme l’a dit un de nous, nous mettent nous, physiciens, dans une situation inconfortable.

De toutes ces expériences, la plupart enregistrées en vidéo, avec un luxe considérable de contrôles, seules ont été retenues par C. Crussard et J. Bouvaist, celles qui font l’objet de cet article. Jusqu’à preuve du contraire, il n’a pas été possible de donner une explication rationnelle des transformations observées et décrites - ce qui ne signifie naturellement pas qu’on n’en trouvera pas par la suite.

Il a paru intéressant aux auteurs de l’article de publier leurs observations, sachant bien qu’ils iraient au devant d’un scepticisme assez général - mais il ne faut voir dans leur démarche que le désir de faire connaître des phénomènes évidemment inexplicables dans l’état actuel de nos connaissances.

J’ai accepté pour ma part d’ajouter ces quelques lignes, ayant eu l’occasion de suivre d’assez près ces expériences, simplement pour donner ma caution sur la rigueur scientifique avec laquelle elles ont été conduites par les auteurs. Trop de facteurs sont encore indéterminés pour qu’il soit possible d’en donner une interprétation valable.

 
J.J. TRILLAT
Membre de l’Académie des Sciences.